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Pour ce rien

 

                                               POUR CE RIEN

Tiens voilà de l’amour mon con, pour oublier que le monde humain est plein de monstres sanglants, et aussi pour tenter d’effacer cette image qui me hante, en cette matinée de chaleur plombée, celle de corps souffrants sur des lits d’hôpitaux, qui se tournent et retournent, tendent le bras semblant tenter dérisoirement de s’agripper à la vie, qui déjà se ferme, dédaigneuse, avant que de décamper à jamais :

(Et qu’importe, si on pense de moi que je suis bien béta-niaiseux, puisqu’il se trouve effectivement que je le suis.)

 

Pour ce rien, cet impondérable

Qui fait qu'on croit à l'incroyable

Au premier regard échangé

Pour cet instant de trouble étrange

Où l'on entend rire les anges

Avant même de se toucher

Pour cette robe que l'on frôle

Ce châle quittant vos épaules

En haut des marches d'escalier

 

Je vous aime

 

Pour la lampe déjà éteinte

Et la première de vos plaintes

La porte à peine refermée

Pour vos dessous qui s'éparpillent

Comme des grappes de jonquilles

Aux quatre coins du lit semés

Pour vos yeux de vague mourante

Et ce désir qui s'impatiente

Aux pointes de vos seins levés

 

Je vous aime

 

Pour vos toisons de ronces douces

Qui me retiennent et me repoussent

Quand mes lèvres vont s'y noyer

Pour vos paroles démesure

La source le chant la blessure

De votre corps écartelé

Pour vos reins de houle profonde

Pour ce plaisir qui vous inonde

En long sanglots inachevés

 

Je vous aime

(C’est de qui ? Facile !)

 

 

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R
Oui mais c'est de la triche<br />  
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C
Google répond, comme d'hab !
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