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Ploucs ?

 

                                PLOUCS ?

 

Pathétique, cet éleveur promu symbole des revendications des agriculteurs. Eternel scénario du petit qui se révolte et que le puissant, en l’occurrence un requin à gueule d’ange, récupère cyniquement avec quelques belles paroles flatteuses et caresses sur l’échine. Et le « petit » plouc d’en rajouter par des éloges tous azimuts de l’adversaire d’hier, persuadé d’être devenu son égal », voire son ami, ce puissant qui fait mine de le traiter sur un pied d’égalité et qui, en partie grâce à lui, s’en sort le petit doigt en l’air par son élégante manipulation. A pleurer devant tant de triste niaiserie de ce bon peuple.

 

Rien de neuf au fond.

 

Alors, si j’ai bien compris, les agriculteurs veulent qu’on arrête d’importer de la merde produite à l’étranger, pour pouvoir la produire eux-mêmes, et nous la revendre plus cher. Moi je veux bien puisqu’il parait que 90% des Français les soutiennent mais j’ai bien du mal à soutenir ce programme avec enthousiasme.

 

Que s’est-il donc passé pour qu’aujourd’hui nous soyons sommés de choisir entre manger cher du bio ou du non bio un peu moins cher ? Une vraie folie. Moi, je voudrais manger comme je mangeais dans ma jeunesse, manger normal la nourriture que préparait ma maman sans avoir à la qualifier. Des fruits et des légumes produits dans la ceinture maraichère qui insérait Paris ou du potager de mon père, des fromages d’ile de France et de Normandie venus d’un tas de petits producteurs avec des camemberts aux magnifiques étiquettes multiples, et il y avait des vergers partout, de la farine qui venait sans doute de Beauce, des pommes de terre du coin et regroupées et traitées par une entreprise au centre du bled, de la viande de bœuf de Normandie mais aussi du cru, il y avait un pré face à la gare pour les vaches en transit, et aussi des bovins dans les champs à deux kilomètres de là… Et les poulets aussi étaient locaux, tout comme les poulets et les lapins du poulailler et des clapiers…

 

Et dans les champs, pas loin, sur de petites collines jaillissaient des sources ou des malins venaient remplir des cubis d’eau pure. Impropre à la consommation aujourd’hui.

 

Ouais le vin et la bière n’étaient pas locaux, comme le café, les bananes et le chocolat…mais on écossait les petits pois locaux. Nous mangions bio sans le savoir comme monsieur Jourdain avec la prose.

 

Et toute cette nourriture nous était distribuée par des boutiques de petits commerçant dans la rue centrale mais aussi au coin des rues, et surtout par un marché fourni et animé qui offrait toute la diversité d’une nourriture pour l’essentiel de proximité et même transformée localement et artisanalement. Et ça se passait dans le 93, à 10 kilomètres de Paris.

 

Que s’est-il passé ? J’avais 15 ans quand le prof de géo disait : La France peut nourrir trois fois sa population l’Allemagne peut nourrir la sienne à 60% et l’Angleterre peut nourrir les Britanniques à 40%. Et réfléchissez-y, cela induit des différences énormes de politique et d’histoire de chacun de ces pays.

 

Que s’est-il passé pour qu’on nourrisse nos bovins avec des tourteaux de soja du Brésil quand on n’achète pas du bœuf canadien. Que s’est-il passé pour que la majorité des fromages vendus soient produits par des groupes qui en anéantissent le goût…, pour qu’il faille importer nos légumes d’Espagne ou du Maroc…

 

Il s’est passé que le profit prime tout. Et secondairement, il s’est passé, que les paysans, autrefois si arrogants de leur statut de propriétaires de la terre et si prompts à soutenir la répression de ces fainéants de travailleurs des villes, se sont fait progressivement avoir, et ils continuent, déléguant leurs pouvoirs aux plus riches d’entre eux, qui empochent l’essentiel des aides, comme le faisait la reine d’Angleterre pour ses terres agricoles. Sont peut-être bien un peu cons. Ça doit être ça.

 

 

 

 

 

 

 

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