Par Rampeloux
MOTS
Parfois les mots quittent l’utile et se prennent à nous parler dans les yeux, ils se font chair vibrante et gouteuse. Ils ne parlent pas à n’importe qui, n’importe quand, seulement à ceux qui les espèrent avec l’innocence primitive. Ils se chargent d’essentiel, s’érigent pierres précieuses. Ils font communauté classieuse au-delà des infinis. Ceux qui les partagent sont les maitres du monde, la grâce des mots qui leur survient un court instant leur confère l’immunité éternelle.
Ces mots sont à cueillir, ils se cachent parfois dans la fange, dans les kermesses des hommes, dans les brouhahas, dans les assommantes agitations, dans les naïvetés communes.
Ceux-ci par exemple, parmi des milliers d’autres dons :
Elle marchait dans le sel
Juste pour se souvenir
Que derrière les vagues du ciel
Se cachait son sourire.
(Assane Attye et Nolwen Leroy dans « Juste pour me souvenir »)
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