LE PERCHERON
L’heure de l’apaisement était venue sur la clinique, après les derniers soins, les dernières récriminations des patients satisfaites, les dernières angoisses enduites de baume parolier. Il faisait encore jour, le printemps, et Olga remarqua le ciel bleu par la partie non dépolie de la fenêtre du local des infirmières. Elle plongea sur une chaise bienfaisante en allumant une cigarette interdite.
Elle se donna quelques minutes avant de téléphoner chez elle. Olga l’infirmière aimait ces nuits où elle veillait sur tous ces malades comme une mère toute puissante, douce et sévère, lien unique de ces êtres avec le reste du monde, au moins le temps de la nuit dans ces couloirs déserts aux éclairages tamisés, qu’on pouvait croire silencieux, mais dont elle percevait tous les bruits, gémissements, ronflements subtils ou brutaux, retournement des corps dans les draps, crissement des journaux qu’on déplie et même pages de magazines qu’on tourne, et parfois cris désespérants ou vindicatifs, et appels anxieux qui provoquaient et demandaient sa raideur rembourrée pour affronter la douleur des corps et des esprits. Certaines nuits un mourant la demandait, d’autres nuits un mourant la chassait. Meurtrie, elle ne pouvait leur reprocher de se sentir inutile quand l’issue venait.
Et aussi les apprentis mourants qui lui confiaient ce désagrément de ne pas être maitre de la fin de leur vie, et tentaient de compenser ce désespoir en dévidant de dernières confidences dérisoires.
Elle avait fini sa cigarette et se préparait à faire sa première tournée, la plus calme, ce n’était généralement que plus tard dans la nuit qu’explosaient les plus fortes douleurs et les combats fiévreux.
Sans doute valait-il mieux travailler de jour, préparer les repas et coucher les enfants, et ensuite, quand ils dormiraient, peut-être faire l’amour avec son ami ou regarder la télévision, c’était la normalité qu’elle aimait, mais il fallait bien aussi se préoccuper des marges du normal. Sa réflexion lui indiquait qu’il n’y avait de normalité que si tous participaient de ces marges. Cependant, son goût indéniable pour ces nuits à la clinique perturbait mollement sa certitude.
Elle leva la tête et vit qu’un voyant rouge clignotait. Chambre 18. Léa, la petite Léa. Encore. Elle ne se précipita pas, marcha d’un pas lent, le temps d’imaginer ce qu’elle allait découvrir. La 18, Léa, qu’elle ne parvenait pas à faire entrer dans une catégorie. Olga ne classait pas les patients par type de maladie mais par type de réaction à la maladie. Elle ne parvenait pas à faire entrer le 18 – léa, « celle là » disait les autres infirmières - dans une de ces catégories, ce qui lui faisait à la fois dégoût et défi. Du moins le pensait-elle.
Léa dansait avec le vase dont elle respirait une douce musique qui soudain se fit perfide et son effluve devint féroce et sournoise, lui agressa les narines. Elle en refusa soudainement le désir. Elle le lâcha, il se brisa au sol carrelé, ne fut plus que vase brisé. Revirant d’élan, elle en méprisa le corps passif et démantelé, dansant dangereusement d’un pied sur l’autre autour de la terre cuite et morcelée. Cette gigue fut brève.
La conscience de la perte la jeta soudain à terre. Seule et sans musique, dépecée elle aussi, elle ressentit l’éviscérèment progresser depuis toutes les ouvertures ainsi pratiquées. Son corps s‘évadait d’elle à grande vitesse. Progressant par les coudes de ses bras noueusement repliés, elle se glissa sous le lit avec ce qu’il lui restait de Léa.
Olga entra. Ses yeux blancs de bleu firent le tour méthodique et las de la chambre. Comme toujours. Ils découvrirent les débris et se firent soupir. Puis les pieds de Léa dépassant de sous le lit établirent le point de la situation.
Se projetant de quelques pas, Olga appela :
« Lea viens ; Viens donc petite Léa ».
Qui ne vint pas. Pas une surprise. Olga savait fatigant ce type d’appel et son inutilité. Elle était seule, elle pouvait donc s’en dispenser. Mais on n’efface pas vingt années de carrière. Olga n’était pas inquiète, seulement de nouveau affligée. Toutefois professionnelle, elle s’agenouilla, passa la tête sous le lit, examina et toucha Léa. Chaude. Et sans plaie ni bosse.
Olga se releva, se rendit au couloir d’où elle requit le secours d’une aide soignante. Elles tirèrent ensemble le corps raidi de Léa et le déposèrent sur le lit. L’aide soignante sortit et revint de suite avec les outils ménagers nécessaires à l’enlèvement des morceaux de vase. Elle opéra et puis Olga lui fit signe de sortir.
Toujours ainsi. Toujours ainsi. Toujours ainsi aussi de prendre Lea dans ses bras et lui prodiguer les molles caresses. Pour toquer sans espoir au carreau de son esprit pendant que ses mains découvraient l’humidité entre les cuisses et enregistrait l’odeur de merde. Encore vidée, dit Olga, qui, prise de grande fatigue faillit rappeler l’aide soignante, mais n’en fit rien, par lassitude extrême.
Il fallait bien dire des mots. Et demander à Léa sa coopération. Au moins dénouer ses bras. Léa s’y refusa mais relâcha le bas de son corps pour qu’Olga puisse le dévêtir et le curer.
- Rien n’est parti, assura Olga. Tu te trompes. Que pisse et merde. Rien de toi. Tu es entière. Tu peux bouger, je te l’assure, ce n’est pas pour cette fois.
Léa tressaillit :
- Vrai ?
- Il y a longtemps que je n’ai plus le moindre courage de mentir, je l’ai dit Léa.
Léa amollit ses bras qui coulèrent vers ses hanches pendant que son buste s’effondrait brusquement sur le lit.
L’une de ses mains s’interstiça entre le drap et son ventre, constata l’étanchéité de la peau. Comme c’était le lieu essentiel et supposé de la fuite de soi, Léa se dispensa de vérifier les autres points d’évasion potentielle. Allons donc, la vie continuait et endormit Léa comme après chaque crise.
Olga interrogeait sa mémoire. Depuis presque vingt ans qu’elle faisait l’infirmière, elle avait vérifié toutes sortes de souffrances. Se pouvait-il qu’elle ne connut jamais celle spécifique de Léa. Et cependant Léa lui semblait aussi un cas banal, même si les médecins erraient et à vrai dire occultaient leur ignorance derrière quelques formules diagnostiques inaptes à tromper l’expérience d’Olga.
Léa lui semblait un clone inversé d’elle même, un clone qui ferait du tapage.
Olga ne souffrait pas. Ou plus. C’était trop lointain. Son métier l’emplissait de toutes les souffrances des malades qui tuaient ses mauvaises pulsions, et, à la sortie de la clinique, elle était une écorce morne mais qui souriait encore à ses enfants et faisait les courses nécessaires au supermarché. Sans doute les enfants devaient-ils redonner quelque consistance à son intérieur, juste assez pour qu’elle ressente une douceur à les embrasser et parvienne à leur sourire. Surtout juste assez de consistance pour recommencer le lendemain à abreuver les malades de son âme, avant qu’ainsi requinqués, ils ne reprennent possession d’Olga.
Mais de douleur point. « Leur » douleur était son équilibre.
Antoine était le jardinier de la clinique et aussi un peu son homme à tout faire. Il était laid et pas bien jeune. Il aimait bien sa fonction, mais détestait toute agitation, spécialement celle des malades quand ils s’aventuraient dans le parc. Leur seule présence, même immobiles sur une chaise, était désordre.
Sans surprise Antoine écouta Olga lui recommander de se livrer à ses occupations habituelles sans s’éloigner de la chaise longue sur laquelle Léa s’était docilement allongée, et de prévenir immédiatement en cas de conduite particulière de cette dernière.
Ce n’était pas la première fois. Toujours Antoine s’était demandé ce qu’était une conduite particulière. Le simple fait d’être patient de la clinique et, de plus, faire de la chaise longue dans le parc était une conduite particulière.
A défaut d’en connaître la définition, il avait toujours prévenu l’autorité au moindre geste de la personne posée sur la chaise longue. Antoine tenait à sa tranquillité et ne voulait pas risquer d’être réprimandé pour son manque de vigilance. De ce fait, cette conduite particulière commençait à la première tentative de se lever de la part du malade reposant.
Son grand râteau commença à fouailler les feuilles mortes autour de la terrasse, avec grande lenteur, puisqu’il fallait que cela dure pour ne pas devoir s’éloigner.
-Tu demandes à Antoine si tu veux rentrer, avait dit Olga. Je viendrais te voir dès que je pourrai.
-C’est bon les feuilles mortes ? demanda Léa.
-Bah non, ça se mange pas, et ça pourrit, ça sert à rien, tout saloperie.
-Pourquoi tu les ramasses ?
-C’est mon travail, mademoiselle, je ramasse les feuilles et toute la saloperie.
-C’est ça le travail ? Je voudrais pas travailler, c’est pas bien de ramasser de la saloperie. Je préfère me cacher. J’ai travaillé moi aussi, pour ça que je suis ici. Pour pas me vider, pour être une feuille morte qu’on mange pas.
-On va pas vous manger mademoiselle !
-Vous ne pensez tous qu’à me manger. Ca fait mal quand vous me regardez pour me dévorer. Je sens vos dents sur ma chair, dans mon ventre, je la sens votre envie de bouffer mes tripes et tout. Ca fait très mal rien que d’y penser. Si je suis vide, vous n’aurez plus rien à manger, je serai transparente, mais j’ai peur de m’évader. Tu m’aiderais toi ?
-Mais mademoiselle, je n’ai pas le droit !
-Salaud. Vieux salaud. Ne me touche pas surtout. Et va-t-en loin.
- Je peux pas mademoiselle, je dois vous surveiller.
Le percheron passa. Gros et vieux cheval. En principe il aurait du se trouver dans une prairie jouxtant le parc, mais il trouvait toujours un passage pour y pénétrer. Il ne se risquait pas jusqu’aux murs de la clinique, se contentant d’en observer les fenêtres à l’orée des arbres. Ou alors il errait à l’écart des bâtiments.
Il appartenait à la clinique depuis longtemps. Le précédent directeur l’avait acheté pour qu’il serve de monture tranquille à certains patients. Il prétendait que ce rapport avec l’animal et ces lentes promenades aideraient à calmer les agités et les inquiets. La dernière directrice avait mis fin à cette pratique et depuis le percheron restait solitaire et sans fonction.
Sa venue surprit Antoine qui n’eut pas le temps de le détourner. Trop tard, le percheron foulait son tas de feuilles mortes et les dispersait dans l’allée.
- Foutu canasson ! Il se cache tout le temps et quand il apparaît, c’est pour faire des conneries. A son âge, on devrait le piquer.
- Le piquer ? Comme moi ? Il est malade aussi du dedans ?
- Non mais il est vieux, c’est comme une maladie, il ne sert plus à rien, juste à saboter mon travail. Mais vous, mademoiselle, on vous pique pour vous guérir, lui, si on le pique, ce sera pour le tuer.
- Ah oui, il a cassé le tas de feuilles, il a raison, les feuilles tombent où elles veulent, il les remet à leur place. Pourquoi tu les embêtes les feuilles ? Tu embêtes les feuilles et tu veux tuer le cheval en le piquant parce qu’il ne sert à rien et c’est pas vrai, il sert à remettre les feuilles à leur vraie place.
Olga était revenue.
- Antoine voyons, ne laissez pas ce cheval s’approcher de Léa. Il est vieux et imprévisible, il pourrait lui donner un mauvais coup.
- Mais madame...
- Eloignez le, Antoine.
Le Percheron, semblant avoir compris le désir d’Olga, s’éloigna quelque peu, piétinant une pelouse, ce qu’il ne faisait jamais ordinairement. Son énorme fessier étincelait au soleil tandis qu’il s’éloignait. Mais il ne disparut pas dans les fourrés du fond du parc qui étaient son domaine et où quelquefois on s’épuisait à le chercher sans jamais le trouver, comme s’il avait des cachettes ménagées par lui de longue date. Il se planta à l’ombre sous un arbre, quasi immobile, à portée de vue et de voix.
- Ah bah, il s’en va tout seul. Cette sale bête ne sert plus à rien, juste à faire peur à la petite demoiselle !
- C’est pas vrai ! Claqua Léa.
Parce que vous le connaissez pas ! Il vous tuerait avec ses grosses pattes, il sait plus ce qu’il fait tant qu’il est vieux et redevenu sauvage. On peut même plus lui monter dessus pour se promener. Heureusement on va l’emmener à l’abattoir la semaine prochaine. Au moins, il servira à nourrir les gens !
-Non ! hurla Léa en longue plainte.
Elle tomba de sa chaise longue, le corps enveloppé de l’herbe haute qu’Antoine n’avait pas encore fauchée. Raide, elle frémissait. Puis elle roula sur elle, répétant sa plainte refusante.
Olga se précipita vers ce corps de nouveau malade d’agression. Comme Antoine bredouillait des mots de vague excuse, elle lui intima l’ordre de disparaître, le qualifiant d’idiot, ce qu’il fit en pestant, promettant de ramener de l’aide. Le percheron se rapprocha. Olga entoura de ses bras, avec douceur et fermeté, les épaules convulsées de Léa, lui murmurant à l’oreille des mots connus d’elles seules. Quand elles levèrent ensemble les yeux, la grosse tête du percheron se penchait vers elles, à quelques centimètres de leurs visages.
- Viens Léa, il faut rentrer maintenant. Il est tard, et tu as encore fait une crise à cause de cet imbécile d’Antoine. Il faut prendre tes médicaments, tu le sais.
- Oui, les médicaments.
Elles se portèrent l’une l’autre vers le pavillon des malades. Des soignants inutiles, ameutés par Antoine, accouraient.
Léa s’était munie d’une musique effrayante mais douce à son coeur, quand elle sortit en cachette du pavillon où tout sommeillait, et pénétra dans le parc en affrontant l’herbe haute pour ne pas faire crisser le gravier des allées. Elle se débarrassa sans regret de la musique en l’abandonnant dans l’herbe et pénétra dans les fourrés. La musique outrancière et féroce qui gitait au fond de sa tête et qui ordinairement la fascinait, devenait soudain accessoire, ne la concernait plus et ne pouvait pas la retenir.
- Percheron ! Percheron ! Viens Percheron ! C’est moi, Léa.
Au même moment, Antoine faisait son dernier tour d’inspection dans le parc. Il ne visitait que les abords du pavillon, car il avait peur de s’aventurer plus loin. En vérité il craignait le percheron. Comme il craignait les malades et les soignants du pavillon où il ne pénétrait jamais non plus. Son espace se résumait à sa chambre et à une bande de terre située entre ces deux masses qui enserraient sa faible raison, qui le défiaient et dont il déclinait l’invitation. Il inspectait mais ne trouvait et ne voyait jamais rien, comme d’habitude et de sa vie. Aussi ne vit-il pas Léa.
A la même heure aussi, Olga, qui était de garde en début de soirée seulement, finissait son service, montait dans sa vieille R5 qu’il faudra bien qu’elle remplace un jour. Elle pensait à ses enfants qui devaient dormir, et à Léa qui ne pouvait que dormir aussi de par les médicaments adéquats qu’elle lui avait administrés. Ce monde de sommeil l’apaisait. Elle démarra et roula lentement.
La R5 escaladait la côte en gémissant. Olga lui tapota le volant pour l’encourager gentiment.
Il faisait pleine lune sans nuage, de manière à ce qu’on y voit. Qu’on y voit en haut de la côte la silhouette d’une femme chevauchant un percheron immobile.
Olga coupa le contact, sortit de voiture et s’approcha, le regard ébloui. Elle fut proche de la figure équestre et vit. Léa, chevauchant le percheron, la tête penchée, souriait. Ils ne bougeaient pas, des gouttes de sang perlaient aux cuisses écorchées de Léa.
Quel bonheur, pensa Olga. Quelle horreur argumenta Olga.
-Tu as été longue ! dit Léa.
-Longue ? Comment ça ? Tu savais que je passerai par ici ?
Olga ne réagissait pas comme elle l’aurait du et elle en avait conscience. Cette femme sur un percheron éclairée par la pleine lune, lui faisait fascination paralysante. Sa raison, son devoir, lui commandaient de faire descendre Léa du cheval, de l’installer dans sa voiture, de prendre les rênes du percheron, de l’attacher à un gros arbre, et de reconduire rapidement Léa à la clinique. Elle pensait même aux responsabilités, la sienne peut-être, celle de sa collègue de permanence, celle d’Antoine qui ne surveillait pas l’intérieur du parc par peur du noir, tout le monde le savait, il faudrait bien que ça change. Elle pensait mais ne faisait pas.
-On y va ? dit Léa.
La question de Léa dégrisa Olga.
-Oui on y va. Allez descend et monte dans la voiture, je te reconduis à la clinique. Je vais me faire disputer à cause de toi… Qu’est ce qui t’a pris d’aller te promener avec ce cheval en pleine nuit ? Tu es folle ou…
Elle s’interrompit, consciente de sa gaffe. Oui Léa était folle. Enfin, les médecins ne disaient pas folle. Ils avaient d’autres mots. Mais au bout des mots, elle était bel et bien folle. Et pourtant, toujours souriante sur le percheron, elle ne paraissait pas folle du tout, pour une fois son visage était paisible et lisse. Si belle, pensa Olga.
C’était prévisible : Léa ne voulait pas retourner à la clinique. Elle voulait qu’Olga la conduise chez elle, avec Robert – le percheron – qui « serait très bien dans le jardin », et Léa voulait connaître les enfants d’Olga et jouer avec eux, même « s’occuper d’eux », précisa-t-elle.
Olga s’y prenait décidément fort mal. Elle entrait dans la lubie de Léa. Elle précisa que chez elle, il y avait aussi son ami, qui ne serait peut-être pas d’accord pour accueillir Robert. Il fallait d’abord lui demander.
Olga reprenait ses esprits. Cela lui répugnait – ses rapports futurs avec Léa en seraient souillés - mais il n’y avait de solution que dans la ruse : D’abord faire descendre Léa de sa monture. Olga expliqua qu’elle habitait loin et Robert ne marchait pas vite. Il valait mieux y aller en voiture, toutes deux, on reviendrait chercher le percheron dès le lendemain, on aurait toute la journée pour faire le chemin.
Mais Léa n’écoutait plus. Elle caressa le col du percheron qui se mit en marche pour descendre l’avenue qui menait vers la mer.
Olga supplia en criant mais Robert continua sa marche imperturbable, emportant Léa immobile et illuminée par la lune. Olga remonta dans sa voiture pour les suivre.
L’avenue débouchait directement sur la plage que le percheron traversa. Il entra régulièrement dans l’eau marchant puis nageant jusqu’à ce qu’on ne voit plus que son dos luisant, surmonté de la frêle Léa.
L’image de ce couple étrange s’éloigna aux yeux d’Olga qui crut voir Léa danser sur le percheron.
Elle danse sa nouvelle musique, gémit Olga.
Dans le local des infirmières de la clinique, un voyant rouge clignote.
« Encore cette pauvre Olga », maugrée l’infirmière en se dirigeant vers la chambre 18.