Par Rampeloux
FUIR
L’enfoirure baignait dans l’ocre tiède.
A son côté, une belle lurette psalmodiait des versets du rancon.
Il faisait un temps de cochon. Il en pleuvait à foison.
J’en cuisinais quelques pieds, panés et en gelée.
Par l’odeur alléchée, la belle lurette le rancon renia
Et s’en vint déguster.
L’enfoirure en son bain un œil jaloux ouvrit.
Elle s’ébroua et se dressa
Et en quelques pas la belle lurette me rapta.
Je le savais bien, méchant est le monde,
Et les douces dégustations il interdit,
Et rationne le vin aux désespérés.
Je fuyais l’enfoirure et ses sbires.
Quand son total désert y fut confirmé,
En Creuse, je me rendis.
Là j’y cueillis maintes belles lurettes.
Sur la terrasse, je les ai suspendues en grâces infinies.
Elles dansaient et se donnaient la main
Et en mes bras se coulaient.
Le jour nous bayions aux corneilles
Et prenions les pleurs du saule apaisé.
La nuit nous faisions l’amour aux étoiles
En leur mer de soie marine, délivrés
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