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Fiacre

 

                                                           FIACRE

 

Fiacre est mort. Assassiné. Sauvagement, comme on dit. Tué parce qu’il ne valait rien, pas une tune.

 

On ne nous a pas dit si Fiacre avait une femme, des enfants, des parents, des amis. Mais s’il en avait, ça ne servait à rien car ils étaient aussi fauchés que lui. Alors, il était inutile d’enlever le guide Fiacre avec les deux touristes qu’il était chargé d’accompagner dans la visite du parc de Pundjari au Bénin. Les terroristes ravisseurs auraient pu cependant le laisser là, lui laisser la vie. Il aurait aussitôt alerté les autorités, dira-t-on. Soit, alors ils auraient pu l’emmener avec les deux français. Non, car Fiacre ne valait pas la nourriture à lui fournir le temps de son enlèvement. Fiacre ne valait pas une poignée de riz.

 

Il en est d’autres qui valent aussi peu : Ses ravisseurs. Pauvres, et aussi pauvres abrutis endoctrinés. On les a abattus, partis pour l’illusoire paradis des éternels criminels des religions. Ont-ils des proches qui les pleurent ? On l’ignore. Qu’importe, ce sont les méchants, les salauds. Que leurs os se dessèchent dans le désert. Contrairement à Fiacre, ils n’ont même pas de nom, ils n’existent pas.

 

Il en est d’autres qui existent, qui valent quelque chose, du moins du fric, à savoir les deux touristes. On dit qu’ils savaient que la zone qu’ils visitaient était classée comme dangereuse et fortement déconseillée. Qu’importe. C’est tout de même assez fatigant tous ces pékins qui jouent aux aventuriers à travers le monde, se prenant pour des surhommes parce qu’ils ont été chier au somment de l’Everest. Alors, bien souvent, il faut aller les secourir, ce qui provoque autant de morts chez les secouristes que chez les inconscients. Peut-être que si on fusillait le prochain qui fait du hors-piste, ça dissuaderait sérieusement. Ou du moins, qu’on les juge et les condamne à quelque chose après leur avoir sauvé la vie. Puisqu’apparemment, on ne peut se retenir d’aller les sauver.

 

Les sauveteurs des deux touristes étaient des militaires. C’est leur boulot, dira-t-on, de risquer leur vie. Curieux d’ailleurs qu’on s’indigne quand un militaire se fait tuer. C’est quand même le risque de base de ce métier. On n’est pas obligé d’être volontaire mais ça tente tellement. Parce qu’en revanche, il y a la possibilité de vaincre l’ennemi, de l’anéantir, de le tuer, et ça, c’est jouissif. Bien sûr, il ne faut pas le dire.

 

Ces militaires valent cher eux aussi : Salaire, formation, équipement. Ils ont une mission - Qui d’évidence va tourner au désastre rapidement – qui consiste avec 4500 soldats à tenter de contenir les islamistes sur un territoire grand comme l’Europe. Ils nous coutent cher, et dans cette opération, chacun d’eux est précieux, il n’y en a pas de trop, surtout des soldats expérimentés comme ces deux-là : De Pierrepont descend d’un compagnon de Guillaume le conquérant et d’un tas de militaires à sa suite, 1000 ans d’expérience de la guerre. Somme toute, ces hommes là ont voulu leur destin. Je n’aimerais pas moi, qu’on écrive sur ma tombe : « Mort bêtement en allant délivrer deux crétins en safari ».

 

Dérision que ces deux là soient les survivants de cette histoire : Morts, quatre pauvres paysans, daeschisés et fanatisés, morts deux nobles amateurs d’héroïsme.

 

Et mort, Fiacre, qui n’avait rien demandé d’autre que de vivre paisiblement dans la nature de son pays, Fiacre, qui connaissait si bien les éléphants, les lions ou les bubales roux de son pays, dans son territoire d’illusion qui ne saurait échapper au monde noir des hommes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L
Pas mal du tout. Je suis d’accord avec toi !
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