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Au feu les pomplards

 

A Gh.A

 

AU FEU LES POMPLARDS

 

 

 

Au feu, les pompiers,

 

V'là Notre dame qui brûle !

 

Au feu, les pompiers,

 

V'là Notre Dame brûlée !

 

 

 

C'est pas moi qui l'ai brûlée,

 

C'est la cuisinière,

 

C'est pas moi qui l'ai brûlée,

 

C'est le cuisinier. (*)

 

Eh bien voila la réponse, il va être content la fouine de l’Essonne, le Dupont Gnangnan, on a un coupable, on sait qui est l’incendiaire de Notre Dame.

 

Certes, ce n’est pas vraiment le coupable idéal espéré, du genre excité barbu aux yeux injectés de sang et épris de musulmanisme cruel. Ce n’est même pas un gilet jaune, pourtant ça aurait été vraiment le bienvenu en ce moment. A la place de Castaner, j’en inventerais un. Un ministre de l’intérieur peut faire ça. Moi, si j’étais ministre de l’intérieur, il y a longtemps que j’aurais fait arrêter toute la famille Lepen et ses sbires pour pédophilie aggravée, complot contre la sécurité de l’Etat financé par des puissances étrangères ennemies, le tout preuves incontestables à l’appui. Je suis comme ça, stalinien pur jus, vaut mieux pas me donner le poste, je préviens.

 

Va falloir se contenter de ça, un cuisinier et une cuisinière. Une bande organisée, manipulée par l’étranger et infiltrée par les black blocs. Le chef est connu, il s’appelle Philippe Etchebest, il y a longtemps que je l’ai dans mon viseur ce détestable individu, si prompt à ricaner et humilier tout ce qu’on lui donne à humilier. Il ne tiendrait qu’à moi, je ferais cuire sa grosse gueule de lou ravi basque méprisant dans une grande gamelle jusqu’à ce que ça produise de la bonne colle pour papier peint.

 

C’est le chef du complot : La bande a investi tous les écrans télés dénaturant le mot cuisine, à vous dégouter de continuer à s’alimenter. Anti-français, ils promeuvent une cuisine, qui proscrit Le goût, l’odorat, l’ouïe. Plus de papilles éveillées, plus de fumet enivrant, plus de crépitement de la poële complice, plus de bloup bloup de la cocotte qui mijote. Ne reste qu’une cuisine à voir. Une cuisine à peindre. Les apprentis cuisiniers feraient mieux de prendre des cours de peinture, ça éviterait de gâcher de la nourriture. Pour les peu doués de la gouache, on pourrait même éditer des albums de cuisine à colorier. Bon, ils sont désignés, on attend le coup de filet de Castaner qui les arrête tous, et on espère bien que la justice les fera découper en rondelles façon saucisson à l’ail. Ou bruler sur le parvis de Notre Dame, mais faudrait peut-être faire gaffe au feu cette fois.

 

Mais revenons à la victime. Plus le temps passe, plus on se dit que bof, bah elle est encore là Notre Dame. Quand on aura mis une grande bâche, il n’y aura plus qu’à raccommoder les bouts de voute manquant et construire un toit. Et coller une nouvelle flèche, ça va occuper les créateurs.  Et avec tous les sous récoltés de nos milliardaires, on pourra même construire deux ou trois copies en attendant, dans la Beauce par exemple, ça éloignerait les touristes et les marchands du temple, et nous ferait des vacances.

 

Je ne parviens pas à me souvenir : Je crois bien être entré à Notre Dame une fois quand j’étais ado, il y a plus de 50 ans donc. A cette époque-là, il n’était pas nécessaire de faire la queue pour cela, alors on se disait qu’on repasserait en prenant son temps. Et on ne le fait pas. Et est venu le temps où pour visiter il fallait faire des queues de 30 mètres, attendre des heures et visiter en troupeaux compacts. Très peu pour moi. Déjà adolescent, je me suis très vite refusé à faire la queue pour entrer en boite en espérant être admis. Trop fier pour demander. Les fourches caudines, tu te les mets dans le cul, bonhomme.

 

Et donc pas de Notre Dame, mais en revanche, plein de portes d’églises parisiennes (et autres, je pense à Tréguier, grand souvenir, pourquoi donc, je sais plus) poussées, et des églises pour moi tout seul, sublimement complices, solennelles aussi, exaltant mon besoin de transcendance d’athée convaincu. Je suis même entré à Saint Nicolas du Chardonnay, le repaire des intégristes. Pour le fun. Trop bons ces moinillons et ces abbés en soutane qui s’agitent en tous sens, trop exquises ces vieilles bigotes agenouillées comme on n’en fait plus - la manufacture à fermé ses portes depuis longtemps - trop délicieuse cette sensation de moisissure confite.

 

Alors Notre Dame de Paris, c’était pour moi une belle façade avec deux tours, ce l’est toujours et ça le restera. J’aime bien. J’aime mieux la Seine et les quais, ça me remue plus, mais enfin c’est un tout. Monsieur Macron dit que ce sera restauré dans cinq ans. J’en doute tout comme je doute d’être encore de ce monde dans le même délai. Si c’était le cas, je le jure, j’irai visiter. Si, si, mais cette fois en faisant valoir ma carte de priorité d’handicapi. Eh, eh.

 

C’est un grand malheur que cet incendie de Notre Dame, mais il faut quand même relativiser : Le feu aurait pu être mis tout aussi bien à l’église Saint-Gervais-Saint Protais de Pierrefitte, 93. Alors là, je vous dis pas la catastrophe. Exit le souvenir des baptêmes tout nus dans le fond baptismal en pierre massive subtilement grossière, exit, les mariages du samedi matin, grandes portes solennellement ouvertes sur le marché joyeux, exit les enterrements et les grandes tentures noires et blanches sorties et le corbillard montant vers le cimetière suivi d’une bande décousue, exit la petite porte d’entrée sur le côté avec sas permettant de tenter d’embrasser les filles, exit l’abbé Veyron décidant que les enfants ne feraient plus leur confession dans le confessionnel mais à genoux appuyés sur ses cuisses, ce qui lui permettait d’étranges privautés, exit tous ces souvenirs attendrissants. 

 

Ce serait terrible, affreux. Comme serait affligeante la perte des saintes reliques, spécialement celles de la couille droite de Jean-Michel Rampelberg, le grand théoricien du tacacroire siçatedit et gloire locale. Pieusement conservée dans son reliquaire orné d’émeraudes, elle repose dans une inactivité apaisée enchâssée dans l’autel dédié à Marie-Sistite, la sainte patronne des incontinents.

 

Elle fut – illégalement - prélevée juste après la mort du grand homme par sa secrétaire particulière Marie-Françoise Gondinet, dont on sait qu’elle en était secrètement amoureuse, sans réciproque hélas. « Non, non, tu serais trop contente, etc », voilà la seule réponse qui lui fut toujours accordée. Les grands hommes ont aussi des petitesses.

 

On dit que Mademoiselle Gondinet aurait aussi prélevé le pénis de son maitre, qu’elle l’aurait fait naturalisé en sa forme d’extension favorable, puis introduite dans un globe de verre faisant pleuvoir des paillettes de neige quand on le retourne. Tout comme on trouve des monts saint Michel ou des Notre Dame de Paris sous ce type de globes vendus aux touristes. Mademoiselle Gondinet aurait conservé l’objet de son amour sur son dessus de cheminée jusqu’à ce qu’elle s’éteigne à un âge très avancé, heureuse sans doute.

 

Peut-être retrouvera—t-on un jour ce pénis naturalisé, vestige d’un grand maitre, peut-être retrouvera-t-on un jour Notre dame dans toute sa splendeur éternelle. Tout se recoupe finalement. Prions pour que la pensée de l’un se fonde dans l’éternité spirituelle de l’autre et ce faisant nous montre la voie d’un monde sans misère.

 

(*) Une version de la comptine parle de « cantinièr(e) » et non de cuisinier(e).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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