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Wuambushu

 

                                    WUAMBUSHU

Wuambushu. Ce n’est pas une capitale africaine ni une danse locale. C’est l’opération expulsion que Darmanin a entrepris de mener à Mayotte.

Une saloperie ou une opération salutaire et indispensable ?

Si on examine les causes, nous autres, bonnes âmes, sommes assez coincés et mal à l’aise dans nos petits souliers. Alors il est plus facile de se contenter de dénoncer la violente saloperie annoncée.

Dans les faits, il est certain qu’une population immigrée, illégale et misérable, qui constitue la moitié de la population d’une ile (département où la population française nécessite elle-même une grande assistance à l’aune de nos critères de citoyens français), eh bien c’est insupportable, insoluble et on sait que ça ne va qu’en s’aggravant.

Où est la faute ? Sans doute en décidant de conserver dans la République française l’Ile de Mayotte, suite au référendum d’autodétermination, qui a vu trois des iles des Comores voter pour l’indépendance, et la quatrième – Mayotte – choisir de rester française, ce qui a été accepté par la République Française, alors que le référendum se voulait commun aux quatre iles et non ile par ile.

A cela, des historiens ont répliqué qu’avant la colonisation française, les Comores n’étaient pas unifiées en une seule entité : Les sultans de chaque Ile et même du continent s’affrontaient, s’annexaient un temps avant que de se séparer de nouveau. En 1841 le sultan malgache maitre de Mayotte vend cette dernière à la France, qui s’y établit durablement. En 1886, la France établit son protectorat sur l’ensemble des iles comoriennes. Ce décalage de date explique la forte « francisation » de Mayotte, par la suite toujours privilégiée par l’Etat français.

En 1912, les Comores intègrent la colonie française de Madagascar et des Comores. En 1946, Madagascar étant devenu un Etat indépendant, les Comores deviennent un « territoire d’outremer » français. Et c’est en 1974 qu’intervient le référendum qui voit Mayotte voter pour demeurer française alors que les trois autres iles votent pour l’indépendance. Mayotte devient officiellement un département français en 2009.

De 1997 à 2007, deux des iles comoriennes, Mohéli et surtout Anjouan, sont agitées de mouvements indépendantistes demandant généralement leur rattachement à la France qui le refuse. La foule anjouanaise brandissant des drapeaux français est durement réprimée par les forces armées.

Il ne faut pas rêver, ce désir de devenir français ne traduit pas un amour immodéré de la France, mais essentiellement un désir d’être français et de bénéficier des protections socio-économiques que cela implique.

Vu de métropole, le niveau de vie des mahorais – habitants de Mayotte – parait très bas, souvent en dessous du seuil de pauvreté. Mais ce niveau de vie est pourtant dix fois supérieur à celui des Comores voisines. Pour eux, il s’agit tout simplement de « manger ». On comprend qu’ils soient prêts à risquer leur vie à bord de leurs petits canots (kwassa-kwassa) pour entrer clandestinement à Mayotte, même pour y vivre dans des bidonvilles.

C’est ainsi qu’au fil des années, la population mahoraise est constituée pour moitié d’étrangers. L’hostilité de la population mahoraise d’origine contre les étrangers est très forte. Ce sont pour eux des bandits et des profiteurs. L’atmosphère est explosive, difficile de s’en tenir aux bons sentiments et à l’humanitaire.

C’est ainsi qu’a surgi dans le cerveau malade de Gérald Darmanin l’idée folle d’envoyer des forces de l’ordre par milliers pour raser les bidonvilles et expulser des dizaines de milliers d’immigrés illégaux. On ne peut que s’attendre aux pires horreurs : Certains immigrés ont détruits eux-mêmes leurs bidonvilles et sont partis se réfugier en forêts ! Va-t-on organiser des chasses à courre pour les traquer ? Va-t-on tirer dans le tas, va-t-on tabasser, va-t-on les tirer au sol par les pieds, hommes, femmes, enfants, personnes âgées, pour les jeter dans des bateaux et les décharger sur les plages comoriennes ?

Le gouvernement comorien a fait savoir qu’il n’autoriserait pas ce retour de leurs ressortissants. Alors les gendarmes vont-ils établir des têtes de pont sur le territoire des Comores ? Le pire est possible.

Le problème de l’immigration illégale à Mayotte est son aspect sans fin, quasi désespérant. D’autant qu’il s’agit d’une île, déjà surpeuplée, au territoire contraint. Tout plan de normalisation, d’intégration, se heurte à ce caractère infini, contrastant avec des capacités d’accueil limitées.

On peut bien sûr, pour mémoire, stigmatiser le passé colonial de la France. Mais la faute essentielle est récente : Au vu de tous les docus sur le sujet, les forces de l’ordre ayant pour mission d’empêcher l’immigration illégale, disposent d’effectifs et de moyens matériels grotesquement dérisoires. Pourtant augmenter ces moyens couterait beaucoup moins cher que toutes les dépenses liées à l’immigration si ne passe plus un kwassa-kwassa.

Même si l’opération Wuambushu se révélait un succès, l’immigration reprendra dès qu’elle sera terminée. Elle ne sera guère qu’une opération de communication, une affirmation d’autorité virile du ministre dans son ascension politique. Il faut d’ailleurs espérer que ce ne soit que ça car vu le caractère insensé de l’opération projetée, ce sont des exactions et traitements violents qui se profilent dans les jours à venir.

Seule la mise en place des moyens nécessaires à l’arrêt de l’immigration clandestine comorienne peut permettre d’envisager une gestion sereine de Mayotte incluant la population immigrée. Ou alors acceptons cette demande des habitants de l’ile d’Anjouan de devenir français. Si devenus français, ils bénéficient des avantages socio-économiques afférents, les immigrés reviendront à Anjouan et sûr que la paix sociale régnera à Mayotte comme à Anjouan. Mais sûr aussi que les deux autres iles ne tarderaient pas à faire la même demande.

Sûr encore que les esprits impériaux trouveraient ça grandiose, et enfin sûr surtout que la France n’en a pas les moyens : L’empire est mort depuis longtemps, le boulet Mayotte en est un reliquat dont il serait bon de s’occuper autrement qu’avec la grosse matraque de monsieur Darmanin.

 

                        LES POILS DE DARMANIN

Vous avez sûrement remarqué ? Le Darmanin, qui trépigne de devenir Premier Ministre en attendant mieux, est en recherche de virilité.

On le voit quand, dans son expédition mahoraise, il se prend pour Napoléon faisant égorger 3000 prisonniers sur la plage de Jaffa, en version douce.

Mais aussi en soignant sa petite gueule de tête à claques. Il a un problème, il a le poil follet. Il voudrait bien avoir ce poil dur à la Gainsbourg qu’on coupe à la tondeuse pour en maintenir la même longueur permanente. Mais il a le poil clairsemé et tout mou. Alors, selon les jours, il essaye tout, les rouflaquettes, le collier, la moustache, le bouc d’Artagnan. Mais rien à faire, il est à chaque fois plus ridicule, et on ne voit de lui que le visage poupin d’un pré-ado en recherche d’affirmation virile. Ok il n’a pas d’acné.

Je lui conseillerais bien le poil à la Ben Laden qui lui aussi avait le poil rare et ne pouvait s’offrir une barbe fournie à la Bachelard. Alors il a réuni son poil de menton en une petite barbichette pointue, pour faire illusion. Pauvres gens tout de même, d’autant que visiblement ça les rend hargneux.

 

 

 

 

  

 

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