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Venezuela

 

 

 VENEZUELA

 

« Maduro est un président illégitime » (Macron).

 

Voilà qui est clair : Un président (du Venezuela) élu l’année dernière par 54% des votants n’est pas légitime. En revanche le président de l’assemblée nationale dans le même pays, composée d’une majorité d’opposants élus, est, lui légitime quand il décide de la déchéance du président élu et se proclame nouveau et seul président.

 

Que l’on parle populairement, diplomatiquement, de bonne ou de mauvaise foi, il est pourtant clair qu’il s’agit là d’une tentative de coup d’Etat, il n’y a pas d’autre mot pour qualifier. Et on constate donc qu’un président d’un pays réputé démocratique, la France, peut, sans sourciller, déclarer légitime un coup d’Etat dans un pays étranger ou, au moins formellement, la démocratie est respectée. Prends garde Macron, Gérard Larcher, président du sénat, pourrait fort bien décider de te destituer et s’installer dans ton fauteuil !

 

Ça, c’est pour le formel. Pour le fonds, on ne peut pas dire que les infos sur le Venezuela manquent, mais elles sont plus que partisanes et propagandistes. Il y a bien sur la propagande du régime Maduro qui est intense et se fait à travers les media qu’il contrôle. Elle est reprise par ses soutiens étrangers, ce qui reste confidentiel en France, en Europe, etc, car ils sont peu nombreux.

 

L’essentiel de l’info qu’on reçoit en France, provient de 99% des media français, qui ont, depuis des années, décidé une fois pour toutes, que le régime chaviste était intrinsèquement mauvais, dictatorial, totalitaire, et que ses dirigeants étaient des croisements de Staline et Hitler. En conséquence, il s’agit là d’un sujet sur lequel, le vernis de la fameuse objectivité journalistique n’est pas de mise car enfin on ne peut être objectif avec le diable. Et donc ça ne les gêne nullement de n’interviewer   que des opposants Vénézuéliens exilés en France ou en Europe, tous évidemment farouches opposants au régime en place, ce qui est bien leur droit.

 

On sait comment depuis des années, les Etats Unis et leurs alliés ont organisé le boycott du régime chaviste, en organisant des blocus, des interdictions de commercer. De son côté, la très riche oligarchie vénézuélienne a fait sortir ses capitaux, et organisé la pénurie de certains produits. Cependant, ces forces de déstabilisation combinées ne sont pas parvenues à déstabiliser le régime sérieusement tant que le cours du pétrole s’est maintenu au plus haut.

 

Le régime chaviste a reçu l’appui d’une majorité de la population grâce à la redistribution qu’il a pu effectuer grâce à l’argent du pétrole. Redistribution sous forme d’emplois garantis, mais aussi d’aides de toutes sortes.

 

Maitrisant la production de pétrole, une partie de sa transformation et sa commercialisation, il pensait pouvoir tenir longtemps comme ça. Il n’avait pas prévu la chute du cours du baril. Et il a commis deux fautes : Le secteur économique d’Etat s’est contenté de son rôle de vendeur de pétrole et de distributeur d’aides. Il n’a pratiqué aucun investissement d’importance.

 

L’autre faute aura été de ne pas toucher à l’économie privée. Les chavistes pensaient ainsi procéder à un compromis : Laissez-nous aider les plus défavorisés et nous vous laissons investir et prospérer moyennant quelques règles de progrès social. Ce deuxième volet utopiste du contrat chaviste n’a pas été respecté, mais a au contraire été pris comme une faiblesse du régime, le défaut de sa cuirasse.

 

Respectant la démocratie, le régime chaviste a laissé les opposants s’organiser, rongeant leur frein au début, et sonnant l’hallali depuis la baisse du cours du pétrole, qui a à terme, a pour conséquence la baisse du soutien populaire du régime, en raison de la baisse corolaire des aides et de la pénurie de nombre de produits indispensables.

 

Les opposants et les Etats-Unis ont réussi là ce qu’ils n’ont pas réussi à Cuba : Les dirigeants cubains ont compris à temps que le maintien d’une économie libérale n’était pas compatible avec leur projet de justice sociale, et d’indépendance économique. Les Etats Unis ont trop montré ouvertement leur appétit et leurs intentions absolument contraire à l’établissement d’un régime nationaliste et progressiste. Du coup, ils ont conduit la direction cubaine, au départ non communiste en grande partie, spécialement, Fidel, à établir un régime communiste.

 

C’était certainement possible au Venezuela. Le régime disposait d’un appui populaire massif, de celui de l’armée, et de l’argent du pétrole. Situation bien plus favorable que celle de Cuba à la même époque. Il aurait même été possible de se contenter de confisquer les biens et les industries des oligarques et de proposer une alliance de classe avec la petite bourgeoisie.  Ça parait bien trop tard aujourd’hui.

 

Les chavistes payent aujourd’hui leurs erreurs, l’économie, privée d’investissement depuis des années est dans un marasme absolu et des millions de vénézuéliens, ex soutiens de Chavez (souvent !), fuient le pays. Alors qu’au début du chavisme, leur respect de la démocratie fut scrupuleux, ils ont, ces dernières années, procédé à des mesures telles qu’arrestations provisoires ou inéligibilité de certains candidats, justifiant la décision de l’opposition de boycotter certaines élections. La dérive anti-démocratique de Maduro a certes jusqu’à maintenant été relativement modérée : Elle ne lui a servi à rien si ce n’est à lui faire perdre le soutien de démocrates étrangers. On peut dire que jusqu’à maintenant le chavisme et Maduro étaient pris dans la nasse : actuellement elle se referme sur eux.

 

 On ne voit guère que l’armée pour tenter une solution pacifique : Il parait bien difficile de prédire un avenir à Maduro et au chavisme en général, qui a pêché par naïveté et incompétence. La crainte principale est que l’extrême droite, composante importante de l’opposition, ne prenne une place prépondérante et puisse se livrer à une répression revancharde, comme elle a su le faire partout en Amérique latine. Ce n’est pas son ami fasciste du Brésil, Bolsonaro, qui les gourmandera.

 

  

 

 

 

 

 

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