Par Rampeloux
SENSUALITE
« Elle monte lentement, parce que la pente est raide. Le soleil approche du zénith. Les aiguilles de pin grésillent. Les parfums – le thym, la lavande, les menthes poivrées, l’origan qui colle à la peau comme une huile – sont si denses qu’ils paraissent prendre corps : Ils freinent la marche comme si elle devait se frayer un chemin dans un sous-bois touffu. Elle monte d’arbre en arbre, s’accrochant parfois sur les aiguilles de pin, mais se reprenant aussitôt, dans le brasillement à la surface de la peau qui provoque la chaleur sous pins, faisant front à la chaleur, à la pesanteur, aux agrippements des parfums, comme il est dans sa nature de toujours faire front. »
Donna Lucrezia se rendant en après-midi sous le « soleil-dieu » au premier rendez vous de son jeune amant. Dans « La loi » de Roger Vaillant.
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