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Rossebouinfes

ROSSEBOUINFES

 

Anglouses, Roast beef, rossebouinfes,… Pas vraiment gentil, pas bien méchant non plus. Ca vaut bien froggies.

Mais il est évident que depuis qu’ils sont entrés sur la pointe des pieds dans l’union européenne, ils agacent, c’est le moins qu’on puisse dire, et à juste titre : De dérogation en dérogation, de veto en veto, ils ne font rien qu’à saboter et freiner tous azimuts.

 Ils agacent d’autant plus que, bien qu’ayant finalement adhéré, ils ont passé leur temps à prendre des airs dégoutés par rapport à l’Europe, persuadés qu’ils sont qu’ils nous font une charité en y participant. Comme le sentiment général populaire, au moins en France, c’est qu’on n’a pas besoin d’eux, qu’on n’aurait jamais du les admettre, et que, s’ils ne sont pas contents, qu’ils aillent se faire admirer ailleurs, il n’y a pas vraiment concordance des temps et des aspirations.

Actuellement, ils sont persuadés que l’Europe les ruine, qu’ils donnent beaucoup et reçoivent peu. Les économistes défendent leur point de vue, ainsi que le contraire, tels de bons économistes. Difficile de savoir donc. Ils partagent probablement le sort des pays les plus riches de l’Union ( Comme l’Allemagne et la France) qui, globalement donnent plus qu’ils ne reçoivent, au bénéfice des pays les plus pauvres.

Il y a des opposants à cela, en France par exemple, mais minoritaires. En Angleterre, c’est une quasi majorité de la population. On peut raisonnablement estimer que toutes les dérogations obtenues par les anglais ont pour résultat de les favoriser commercialement et financièrement, ce qui revient à une moindre contribution que les autres pays dits riches. Mais c’est irrationnel : Le citoyen britannique est persuadé que, dès la Manche franchie, il n’est que sangsues désireuses de lui prendre son bel argent.

Aujourd’hui un référendum va interroger les britanniques sur leur appartenance à l’Europe.

Ceux qui veulent en sortir ont bien sur l’argumentation économique évoquée ci-dessus. C’est surtout un prétexte. La véritable motivation n’est pas nouvelle : Le royaume uni doit demeurer indépendant en tout, et ne pas mettre un doigt dans l’engrenage européen.

A cela s’ajoute la mythologie de l’ »Empire ». Au prétexte que de nombreux pays de l’ancien empire parlent anglais, ce serait encore là la preuve de la puissance britannique dans le monde, tous les habitants de ces pays leur étant dévoués et prêts à mourir pour eux.  C’est oublier que l’anglais, c’est d’abord la langue des USA, une vraie grande puissance celle là. C’est aussi une grande illusion.

Il demeure certes de petites complicités de nostalgie entre l’Angleterre et son Commonwealth mais s’appuyer sur ces vieux sentiments est pathétique : Les réalités économiques et la géopolitique éloignent chaque jour un peu plus l’Angleterre de ses anciennes colonies.

A ce compte, la France, qui a conservé des territoires tout autour du globe, pourrait elle aussi prendre des airs supérieurs, et à plus juste titre : Au moins, ces confetti de l’empire colonial français sont des terres de la République qui y exerce pleinement sa souveraineté.  Ils font de la France la seconde puissance maritime. Ensemble fragile car, reposant beaucoup sur la dépendance économique de leurs habitants, et toujours susceptible de voir se proclamer des indépendances.

Quoi qu’il en soit, cet ensemble existe concrètement, et la France n’en tire pas, à fort juste raison, la conclusion que du fait  de cette présence mondiale, elle n’a rien à foutre de l’Europe. Les britanniques qui, eux n’ont pas cette force,  font cette démarche dérisoire.

D’un autre coté, il y a ceux qui sont pour rester dans l’Europe. Sont-ils pour autant pro-européens ? Certes non ! Il suffit d’entendre leur principal argument : Il faut demeurer dans l’Europe pour l’ »influencer ». D’un point de vue anglais, il faut comprendre qu’il s’agit de l’empêcher d’évoluer vers une union sociale, politique, culturelle. Economiquement, l’objectif est de s’assurer que l’union conserve  et impose ses règles ultralibérales, qu’elle ne soit jamais autre chose qu’une vaste galerie commerciale aux  enseignes d’importance variable.  Et si on pouvait supprimer toute direction européenne et que tous les pays membres soient frontières économiques grandes ouvertes sans aucune règle, alors ce serait le bonheur.

En laissant la Grande Bretagne entrer dans l’Europe, on a cru que les anglais évolueraient, que le sentiment d’être européen gagnerait chez eux. Ce n’est pas le cas. Il n’y a pas à juger, mais à constater, c’est un échec.

Il faut souhaiter vivement que le brexit gagne, sans hostilité, mais parce que c’est plus sain, surtout du point de vue de l’Europe.

Coté anglais, c’est leur droit puéril de se croire encore à l’époque où ils jouaient les puissances européennes les unes contre les autres pour les affaiblir toutes. Si les anglais demeurent dans l’Europe, c’est continuer comme avant, avec des termites dans la charpente. Si le brexit ne l’emporte pas, les dirigeants anglais vont aussitôt réclamer de nouvelles dérogations : « On veut bien rester, il faut donc nous remercier et nous faire des cadeaux ».

En revanche, si elle sort, il sera possible pour l’Europe d’établir paisiblement les règles des échanges avec l’Angleterre comme avec n’importe quel autre pays du monde.

On entend, en Europe, des stratèges expliquer que la sortie de l’Angleterre  serait une perte de puissance pour l’Europe. Ils ont bien raison de dire « serait ». Cela ressort du fantasme : Pour perdre quelque chose, il faut d’abord le posséder. Si on me colle un bras en carton dans le dos, je peux faire croire un instant que je suis le plus fort parce que j’ai trois bras. L’illusion ne durera pas longtemps. Il faut mieux que j’exerce mes mains à l’habileté et que je muscle mes biceps, ça me sera plus utile.

On a voulu être plus forts en faisant entrer l’Angleterre, et puis des pays exotiques pour un français, la Scandinavie, les pays de l’est. Je n’ai jamais rencontré un estonien ou un bulgare. Les polonais, réacs, culs bénis, racistes et antisémites me sortent par les trous de nez. Etc.

En revanche, j’ai parlé avec des dizaines de tunisiens. Entre autres. Etrange unité européenne. (*)

Ceux qui déplorent la « perte » éventuelle de la Grande Bretagne font comme s’il existait une puissance européenne, qui perdrait l’une de ses composantes. Cette puissance n’existe pas. Si on veut qu’elle existe, il vaut mieux la construire avec les peuples qui veulent en participer.

Cette volonté des peuples est essentielle. Il y avait grande sottise à penser que la marche forcée et autoritaire vers l’ultralibéralisme allait susciter un fol enthousiasme des populations. Ca n’a créé que rejet, indifférence, désillusion, inégalités grandissantes, appauvrissement souvent.

Que l’on croit possible de faire réellement l’Europe en gardant l‘UE pour en faire tout autre chose, ou bien qu’on estime qu’il vaut mieux lui tordre le cou pour repartir sur de bonnes bases,  l’envie d’être ensemble et de savoir pourquoi sont l’essentiel. Et cette construction doit, pour trouver une adhésion majoritaire, englober le politique, le social, la culture.

Entre qui ?  Vaste et autre sujet… En tout cas, avec l’Angleterre, ce serait l’échec assuré (il est d’autres obstacles). Qu’ils manifestent eux mêmes l’envie de sortir de l’UE est du pain béni et les politiques, qui se veulent européens et qui vont suppliant les anglais de rester, font montre d’une lourde inconscience.

 

*Ce qui unirait l’Europe, ce serait le christianisme ? A ce compte, pourquoi pas le Chili. Et surtout c’est un mensonge par omission : Les pays d’Europe sont des héritiers de la culture gréco-Latine, elle même très influencée par les civilisations du moyen orient. Le christianisme est un long épisode venu se greffer sur ces cultures, les occultant à certaines périodes. Enfin, depuis plusieurs siècles, l’humanisme la libre pensée, la croyance au progrès de l’humanité, se sont épanouis. Mais de manière très inégale selon les nations, ce qui créée de profondes différences.

Et puis, on peut avoir une petite pensée pour notre vieille culture celte.

Quand Sarkozy martèle que la France est un pays chrétien, il parle d’une  minorité, car d’une part il n’y a qu’un petit tiers de chrétiens français, et d’autre part, ils sont loin d’être tous les êtres obtus qui réjouiraient  l’ex-président  et ne partagent pas la culture fermée et exclusive qu’il leur attribue.

 

 

 

 

 

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