POSTURE
Les grèves auront permis de découvrir un individu jusque là inconnu, le secrétaire général du syndicat UNSA, l’obscur Escure. Il mérite bien d’ailleurs d’être inconnu et de le demeurer au vu du piètre personnage qui nous est révélé.
C’est le genre de type tête à claque. Pas le premier de la classe, pas le chouchou du prof qui provoquent parfois des haines. Non simplement, l’insignifiant qui a toujours l’air de s’excuser avec un sourire niais et qui donne envie de lui foutre des baffes pour lui apprendre à exister dignement.
Escure, c’est un peu ça dès qu’on voit sa tronche et sa façon d’être et de s’exprimer. On le ressent d’abord confusément et puis quelques images viennent confirmer l’impression. On l’y voit reçu à Matignon par le premier ministre qui lui tend la main à son arrivée. Et là on sent l’Escure qui n’en peut plus. Son corps se penche insensiblement, sa tête fait de petites salutations empressées, on sent que s’il le pouvait, il se laisserait glisser aux pieds d’Edouard Philippe et lécherait goulument les semelles de ses chaussures.
C’est d’autant plus flagrant qu’on a pu visualiser aussi la réception d’autres dirigeants syndicaux à l’attitude courtoise mais neutre la plupart du temps. Les chaines d’info ont passé en boucle cette réception de l’arrivée des syndicalistes mais beaucoup plus souvent et régulièrement celle de l’Escure. D’évidence, il s’agit de montrer qu’il y a des syndicalistes raisonnables, aimables, prêts à discuter : Voyez celui là comme il a l’air gentil.
De fait, l’Escure sous le charme de Philippe, déclarera à la sortie que d’importantes avancées sont réalisées et qu’il convient de stopper la grève.
Mais il n’est pas certain que ce matraquage de l’image du syndicaliste gentil reçu à Matignon ne soit pas contreproductive. Car il en fait vraiment beaucoup trop dans sa posture de soumission spontanée larvaire. Il n’est pas impossible que cet épisode, vu par tous ou presque tant il a été diffusé, ne soit pas venu renforcer la détermination des bases grévistes dans le refus d’arrêter la grève : Difficile parfois de se sentir complice de l’indignité.
Quoi qu’il en soit, Escure comme Berger se sont fait renvoyer à leurs études par leurs bases qui ont décidé de poursuivre la grève. Pas bien malins. Les dirigeants d’autres centrales syndicales sont bien capables elles aussi de trahir leur base quand ça les arrange, du genre « il faut être raisonnable et il faut savoir arrêter une grève ». On l’a vu à maintes reprises dans le passé. Mais en ce moment, on ne peut que constater qu’ils restent, au moins officiellement, en phase avec cette base.
Escure a probablement un tempérament de soumis volontaire, cependant il faut remarquer une différence de taille concernant la position de l’UNSA et celle de la CFDT : L’UNSA a d’emblée rejetée la réforme Macron dans son principe de base : Retraite à points calculée sur toutes les années de travail au lieu de 25, avec une conséquence mathématique de diminution des pensions évoluant entre 15 et 30% selon les différentes catégories de salariés. Ce n’est d’ailleurs pas tant la question des points qui est le plus gros problème, mais surtout la fin de la référence des 25 meilleures années.
A la différence de la CGT, FO et Sud, l’UNSA semble ne pas croire une seconde à la possibilité de faire renoncer le gouvernement à sa « réforme ». Et il faut bien admettre que c’est une opinion qui se comprend. En conséquence, l’UNSA dit : Cette réforme est mauvaise, mais on n‘y peut rien, Macron et sa majorité ont été démocratiquement élus, tout ce qu’on peut faire, c’est négocier pour obtenir quelques aménagements à cette réforme. La CFDT est donc la seule à approuver cette réforme avec toute son injustice.
Elle ne défend qu’une seule catégorie de travailleurs : ceux qui auront 42 années de cotisations à l’âge de 62 ans, qu’on ne les oblige pas à travailler jusqu’à 64 ans, même si cela leur vaudrait un « bonus » de retraite. C’est effectivement un plus d’injustice dans l’injustice, un plus d’infamie dans l’infamie. Parce qu’à supposer que la CFDT obtienne gain de cause pour cette catégorie de salariés, ils n’en resteraient pas moins perdants puisque leur retraite demeurera calculée sur toute la carrière et non sur les 25 meilleures années.
Si, comme il est probable et comme le pense l’UNSA, la réforme n’est pas retirée, il y aura des miettes à récolter et des compensations plus ou moins complètes selon les cas.
On sait déjà que les paysans, artisans et petits commerçants, vont avoir une garantie de retraite à 1000 euros à condition d’avoir cotisé tous les trimestres nécessaires. Tant mieux pour eux, on ne leur veut pas de mal. Et ils ont bien de la chance d’obtenir ça sans s’être remué le cul une seconde, simplement parce que Macron espère leur vote en 2022. C’est avec les cotisations des salariés qu’ils vont obtenir ça. On ne leur demande pas de dire merci, mais tous ces paupérisés pourraient avoir la décence de soutenir la lutte de ceux qui vont les entretenir, plutôt que de continuer à les traiter de feignasses de salariés privilégiés. Et on ne les entend guère sur ce point.
Le gouvernement annonce aussi que les femmes vont bénéficier de cette réforme, particulièrement parce qu’elles vont recevoir des bonus de 5% par enfant. C’est sans préciser qu’elles ne recevront plus 8 trimestres de référence supplémentaires par enfant, ce qui était très important pour les carrières dites hachées.
Le gouvernement explique instaurer comme une nouveauté, un minimum de temps travaillé permettant de valider un trimestre. C’est faux, rien de neuf : j’ai pris ma retraite à 60 ans et j’avais derrière moi 41 ans et demi de cotisations (A cette époque là, 40 années de cotisations suffisaient), dues à des trimestres validés bien que partiellement travaillés quand j’étais lycéen et étudiant.
Quant au gros des troupes, eh bien ceux qui se battront et négocieront au mieux, catégorie par catégorie, obtiendront des mesures et mesurettes limitant la baisse future de leur pension.
Les autres, vous savez quoi ? Ils l’auront dans le cul et bien profond :
Pour certains même pas besoin de lubrifiant, ils auront l’air content de ceux qui pensent que la lutte est inutile, que c’est comme ça, que c’est mondial et qu’il faut y passer, en attendant les retraites par fonds de pension qui ne manqueront pas de faire des faillites frauduleuses laissant sur la paille leurs actionnaires, et que, comme disent les jeunes aujourd’hui : De toute façon, nous, on n’aura pas de retraite.
Pour d’autres, ce sera la rage au cœur, car ne pouvant pas agir, ils ne vont pas en prime perdre leur emploi, spécialement dans le privé.
Mais on s’en fout, c’est pour les jeunes, les moins de 45 ans ! Et comme l’expliquent Macron, son premier ministre et Laurent Berger : Après nous le déluge !
Et bon Noël.