Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Personne

                                   PERSONNE

Personne est venue me voir. Enfin. Je ne m’ennuyais pas, j’ai toujours à faire. Mais j’ai besoin de temps à autre que le mouvement se déploie autour de moi, même très légèrement, de préférence même. Sans lui, le temps s’engourdit et très vite ma nature manifeste son horreur du vide.

 

Personne est plutôt jolie. Il vaut mieux. La laideur est compréhensible mais provoque une rupture d’harmonie et des boutons sur le front.

 

Je ne suis pas beau mais je me vois fort peu.  Je ne me gêne pas trop.

Je m’étonne de la force des femmes qui passent des heures devant un miroir, pour traiter leur peau, se maquiller, se démaquiller, ce qui me paraît une insupportable torture. Il est  impossible qu’elles conservent  un regard objectif dans la pratique régulière de ces cérémonies.

 Il doit y avoir sublimation. Les petites rides viennent vite, je les adore, mais pas elles.

Elles doivent user d’une méthode d’oubli, de distanciation. Peut-être bien aussi est ce une souffrance quotidienne. Dans ce cas, quel lucide calvaire.

 

Personne est donc belle, avec ces petites rides, maquillée et apprêtée, tant pis pour la torture.

Dans les pires moments de repli, j’ai toujours gardé cette femme, Personne.  J’ai toujours eu le sentiment de pouvoir compter sur elle. Elle n’est pas pour autant esclave à ma disposition et ne vient que quand ça lui chante, ou probablement quand elle me sent réceptif à sa présence.

 

Cette fois, elle est venue par la Sédelle. Sans doute portée par les flots. La Sédelle est une charmante rivière caillouteuse et torrentueuse au débit fort raisonnable, ce qui ménage, en temps ordinaire, îles et presqu’îles, et larges rochers plats sur lesquels il est délicieux de s’appesantir, cerné de tourbillons, les yeux perdus vers le ciel à guetter les oiseaux perchés sur les plus hautes branches des chênes centenaires ou presque.

J’étais de fort mauvaise humeur. D’une part parce que j’espérais trouver la Sédelle environnée de neige, spectacle dont je n’ai jamais bénéficié mais il n’avait pas neigé autour d’elle. D’autre part parce que la pluie des jours précédents l’avait gonflée au point que fort peu de rochers affleuraient encore et que les îles se trouvaient réduites à de minuscules parcelles inaccessibles au saut d’un humain  moyennement constitué. Le charme de la ballade s’en trouvait gravement entamé et je songeais à rebrousser chemin. Je sais bien que la nature a ses saisons dont il faudrait apprécier chaque humeur mais pour ma part, je l’ai dit, les caprices de la nature ne sont acceptables que lorsqu’ils me charment. Et puis, pour les flots tumultueux, je préfère l’Atlantique, il vaut mieux s’adresser au bon dieu qu’à ses ruisseaux, même s’ils font de grandes rivières.

 

Et Personne s’est trouvée là. Elle est venue en surfant sur le courant. L’instant d’avant elle n’était pas là. Elle n’est pas sportive évidemment, je ne supporterais pas une pareille engeance, mais elle est très souple et s’était posée comme un papillon sur un confetti d’île. L’instant suivant elle était sur la rive, le saut était très accessible pour une dame âgée. Car Personne est très vieille bien que sans âge. Je l’ai toujours connue ainsi. C’est son principal atout : Elle ne changera jamais, ne s’abîmera pas, ne se modifiera pas, ne me décevra jamais. Ce n’est pas une certitude d’amour éternel - la chair n’est pas tout - mais cette constance peut y contribuer.

 

Personne n’est pas démonstrative. Un regard lui suffit pour saluer. Inutile de lui demander d’où elle vient, elle n’aime pas les questions fermées. Personne n’est pas encombrante. Elle vient mettre un baume sur les solitudes, porter les vies quelques jours plus loin, elle ne vient pas s’imposer et se répandre, rendre la vie improbable, en instiller le dégoût par le désamour de soi sous l’étau repoussant des autres.

Personne m’a tenu la main quelques secondes pendant ma promenade et s’en ai dessaisi quand  j’ai eu envie de me gratter le nez. Y a t’il plus exquise délicatesse !

Elle est montée dans ma voiture. A mon coté, derrière ou dans le coffre. Selon les besoins. Elle est visiblement descendue en route pour prendre l’avion, car elle était chez moi pour m’accueillir à mon arrivée. J’en avais bien besoin. Etre accueilli chez moi est un vieux fantasme. Un fantasme réalisable peut se réaliser contrairement à ce que prétendent les sommités psychanalytique. Mais de manière parcimonieuse si on ne veut pas s’en dégoûter à jamais. Et c’est dommage de perdre un fantasme, on croit toujours en avoir un stock inépuisable et s’il faut les énumérer, on s’aperçoit vite que cette multiplicité n’est qu’une somme de variantes de quelques souches originelles.

 

Elle m’a donc accueilli en parfaite maîtresse de maison, c’est à dire les fesses disponibles bien que pudiquement couvertes. La disponibilité fessière est indispensable pour inciter un homme à se conduire en gentleman et à ne pas le mettre dans la pénible position de devoir faire des avances et propositions allusives à son hôtesse. Celle ci s’épargne ainsi la sensation de l’agression et il règne durant sa réception une atmosphère de franche et légère complicité sans tension sous jacente.

Certes, il appartiendra alors à la dame de devoir décider elle même si elle souhaite la compagnie intime du monsieur, celui ci ne pouvant se permettre d’user grossièrement de la disponibilité qui lui a été annoncée. C’est la faille de cette disposition d’esprit. Rien n’est parfait.

 

L’intérêt d’être reçu chez moi par Personne est de permettre une conversation sans ennui sur de petits sujets réputés personnels, voire domestiques, mais d’intérêt commun. Quand je reçois, mes visiteurs consentent à faire quelques commentaires sur la terrasse qu’il serait souhaitable de faire construire derrière la maison et sur l’impossibilité de le faire pour des raisons financières. Les plus patients m’écoutent pleurer sur la corvée de tonte de l’herbe, opération que je n’imaginais pas devoir effectuer un jour, tant j’ai ricané sur les tondeurs de gazon du dimanche. Ils veulent bien m’écouter plaider - sans aucunement m’approuver - que laisser pousser l’herbe, c’est la certitude du maquis en moins de deux ans. Là s’arrête l’écoute. C’est beaucoup, je n’en ferais pas autant.

 

Personne, elle, s’intéresse à tout. Ainsi nous avons discouru du « moyen bois ». Qu’en faire ? Le moyen bois est le bois que l’on dispose après avoir disposé le papier journal, les brindilles et le petit bois. Il ne s’agit pas de bûches. Celles ci posent moins de problème : Elles sont livrées, il suffit de les ranger en veillant toutefois à séparer les chutes, les ratées, que l’on met de coté pour les barbecues d’été.

 

Je fais du moyen bois tous les ans. Je ne sais trop d’où il vient. J’ai plutôt l’impression de planter. Il faut croire que je coupe aussi beaucoup. Le moyen bois, comme tout bois, doit sécher, moins qu’une bûche, plus que le petit bois.

Le moyen bois doit à l’instar des autres bois être d’accès facile et le plus rapproché possible de la cheminée où il finira ses heures. Il est donc rangé dans la grange la plus proche à quasi égalité de distance avec les autres bois. Tout cela paraît simple et le décor pourrait paraître ainsi planté définitivement ou du moins jusqu’à effondrement de la grange.

Personne sait bien que c’est beaucoup plus compliqué. N’est-elle pas la maîtresse de maison ? Quant à moi, habitant cette maison et chargé de l’approvisionnement en bois, je connais ce sujet comme ma poche. Dans la partie la plus proche de la grange se trouve le moyen bois près à servir de combustible. Ce qui suppose qu’il soit sec. Se trouve donc là le moyen bois le plus sec, c’est à dire le plus anciennement coupé. Ce qui induit qu’il y en a d’autre ! Au moins deux autres espèces : le vert et l’intermédiaire. Le vert est quasiment en cours de coupe ou en coupe récente. L’intermédiaire est déjà rangé dans la partie supérieure de la grange. En longues branches que je lance comme des javelots par la petite ouverture. Cette partie supérieure est très sèche, bien aérée, idéale pour le séchage.

 

Mais quand vient le nouveau bois, le vert, alors qu’en faire ? La place manque. Le fond de la grange servant de garage est totalement occupée par les différents petits bois en cours de séchage (la gestion du petit bois est bien plus compliquée encore : Les problèmes sont les mêmes mais il faut compter avec les fagots donnés par Ferdinand, qui ont eux mêmes déjà connus des temps de séchage variable avant de parvenir chez moi).

La solution la plus logique consisterait à lancer le nouveau bois dans le haut de la grange. Oui mais il va s’y mélanger avec du bois presque sec et une truie n’y reconnaîtrait plus ses petits. Alors il faut d’abord monter à l’étage de la grange et en sortir le bois demi-sec. Le porter ensuite à l’atelier en vue de son débit à la scie sauteuse en tronçons raisonnables. Pendant ce temps, le bois vert pourra grimper à l’étage de la grange et y couler des jours paisibles de condamné à mort ayant encore de nombreux appels à interjeter.

Personne, qui est concernée, sait bien elle que la question n’est pas résolue. Que faire du bois presque sec débité dans l’atelier ? Il encombre. Et il ne sèchera pas bien là, l’expérience en a été faite. L’emporter dans la grange et l’adjoindre au bois sec, c’est reproduire le problème précédent par le mélange des bois. Le mettre par dessus l’ancien est absurde : on emporte au feu le bois du dessus. Il serait normal de le mettre dessous. Mais comment ? Eh oui Personne a trouvé une solution. Mais c’est une autre histoire.

 

Personne partage ainsi mes pires tourments. Comment aller à Saint-Bourg acheter du tabac et faire un loto sans tomber sur le marchand de bois et devoir m’enfiler en sa compagnie trois tournées de pastis en cinq minutes ? Vaut-il mieux faire 20 kilomètres pour les mêmes emplettes à Dunette la Belle simplement parce que je n’arrive pas à apprécier le type d’amabilité du cabaretier de Saint-Bourg qui n’est qu’à trois kilomètres? En même temps, c’est une promenade et Dunette est plus animée, ça me distrait. Oui mais faut-il revenir par la route touristique qui est si belle mais si longue qu’en cette saison je risque de la terminer à la nuit tombée. Soit, je pourrais partir plus tôt. Certes, mais je profite du jour pour les travaux extérieurs. Oui je pourrais me lever plus tôt, mais il ferait très froid dehors et ce serait déplaisant. Et puis, en m’endormant à cinq heures du matin, difficile de se lever avant onze, au mieux. Il est patent que je pourrais me coucher plus tôt, mais alors quand pourrais je écrire ces lignes, d’autant qu’il y avait ce soir un Ken Loach à la télévision programmé à une heure du matin. Est ce ma faute ?

 

Personne sait bien que les problèmes des petits humains sont rythmés par ces interrogations qui n’en sont pas. Elle sait bien qu’elles ne sont que le paravent de nos difficultés à être et à faire. Elles en sont le reflet, la traduction et parfois le masque. Personne sait bien que les fagots de Ferdinand ne sont que de la chaleur humaine. Ferdinand pourrait tout aussi bien, en lieu et place d’un fagot, me passer par dessus le grillage, un papier sur lequel il aurait écrit « fagot pour J-Michel que j’aime bien ». Ca ferait le même effet et ce serait moins lourd. Mais il se trouve que Ferdinand taille ses fruitiers, que ça fait du petit bois qu’il lie avec soin en fagots comme il l’a toujours fait et le fera toujours, même s’il a maintenant une chaudière à mazout. Le fagot n’est qu’une pudeur.

 

Personne sait que je me moque bien du bois sec, vert, ou demi-sec. Il serait tout à fait possible d’entasser le bois en vrac et de s’y fournir à l’inspiration. Personne a bien compris que la question du rangement du bois n’est que le souci d’être sur terre, du besoin d’exister avec cette dernière à travers le bois qui en vient et qui y retourne quand je dépose les cendres aux pieds des rosiers. C’est l’exigence d’un ordre de vie qui apaise dans son inéluctabilité et dont la vision saisonnière et renouvelée ferait oublier l’absurdité de devoir finir un jour. Un cataplasme, c’est certain.

Est-il plus absurde que de clamer dans la débâcle « les femmes, les enfants et les vieillards d’abord ! ». Certes cela donnera un ordre et une place à chacun dans le groupe humain en détresse. On peut s’interroger sur le bien fondé des priorités pour l’intérêt de la tribu. Peu importe. L’importance du slogan est qu’il n’envisage les hommes que comme tribu. Si on voulait envisager des êtres, alors on dirait : Ceux qui ont une furieuse envie de vivre dans les canots, ceux qui en ont une petite envie sur les radeaux, ceux qui s’en foutent sur le pont. Bois vert, demi sec, sec.

 

Personne et moi devisons ainsi sur toutes ces choses au niveau le plus léger. Nous n’aimons pas trop dire avec les vrais mots car ils sont trop précis et par conséquents limitatifs. Nous préférons causer du bois vert, il contient plus, il reste ouvert à toutes les nuances de nos âmes, il ne fige pas nos esprits, il nous évite de nous prendre au sérieux et de geindre sottement sur nos maux, il donne à rêver et sourire.

 

Et puis il y a la taupe ou les taupes. Il m’a fallu trois années pour me résoudre à couper l’herbe, juché grotesquement sur un tracteur miniature. Vais je devoir pousser plus loin le ridicule en me muant en chasseur de taupes ? Seule Personne pouvait m’aider à résoudre ce dilemme, et son instinct l’a conduite à me rendre visite au bon moment.

Je l’avoue, je n’ai jamais vu de taupe vivante. J’en ai vu des photos, des dessins mignons dans des livres pour enfants. Les taupes sont chez moi. Entre cent et deux cent taupinières sur un demi hectare, ça fait beaucoup. Elles exagèrent. Il y en a toujours eu, mais cet automne, l’invasion souterraine est en marche.

 

Chez Ferdinand il y en a parfois. Mais il a ses trucs. Je ne sais guère comment il fait, mais elles repassent vite le grillage pour rentrer chez moi, plus tranquilles chez le parisien.

Ferdinand ne dit pas « les taupes » mais « la taupe ». Je le lui ai fait remarqué mais il a refusé de se corriger. Ca m’a inquiété. Pour lui la taupe est unique, comme le loup, ou la bête du Gevaudan. Elle est partout et circule loin. Elle n’en est que plus effrayante et mythique.

Ferdinand a ses commentaires rituels quand on lui cause taupe. Il fait toujours remarquer qu’il paraît que c’est utile car aérant la terre. Il me conseille de récolter la terre des taupinières qui est « bonne » pour la déposer au pied des arbustes à fleurs. Il note aussi narquois que « la taupe » doit avoir le nez dur au regard du terrain caillouteux qui est notre lot. Enfin il s’amuse que le paysan du hameau les chasse au fusil, c’est radical. C’est vrai, je l’ai vu, il n’est pas chasseur mais détruit à l’arme à feu taupes et ragondins et toute bête comestible ou non qui s’aventure sur ses terres, à commencer par les faisans d’élevage que les chasseurs lâchent à la saison. J’ai cherché à en faire autant chez moi, mais un faisan, même d’élevage et familier, se laisse difficilement attraper à la main.

 

Ferdinand conseille le lombric empoisonné pour venir à bout de la taupe. Répugnant. Mais enfin s’il n’y a qu’une taupe, il suffirait alors d’un ver de terre dans un trou de taupe. En prenant son courage à deux mains, ça doit pouvoir se faire. Mais toute mon inquiétude est là : Des taupes ou une taupe. J’aurais une malheureuse taupe, une pauvre bête et je la détruirais ? Je ne détruis pas les hirondelles de la grange ni le couple de rapaces qui a fait son nid dans un trou du mur de la maison. J’aime savoir qu’ils sont là et vivent en bonne intelligence avec moi.

Partir à la chasse à la taupe me rappelle trop ce dessin animé ou Omer essaye toutes les ruses pour se débarrasser d’une taupe sans y parvenir. Il est vrai qu’il a aussi le plus souvent le lapin Bunny comme adversaire. Alors pour ne pas risquer de penser la taupe ricanant sottement de moi au fond de ses galeries, ne vaut-il pas mieux l’ignorer ?

Il n’y a pas une seule taupe quoi qu’en dise Ferdinand. Et qu’il y en ait une ou plusieurs, c’est de toute façon monstrueux. Si elle est seule, elle est gigantesque, douée d’une force prodigieuse et n’existe que pour moi. Elle me guette. Ses taupinières sont de plus en plus grosses à la mesure de sa taille et ses trous de plus en plus larges de jour en jour. Qui sait s’ils ne vont pas atteindre une dimension telle que je puisse y tomber un soir de pleine lune ?

Et s’il s’agit de taupes, alors c’est une invasion concertée. Pourquoi sont-elles toutes chez moi alors qu’il n’y en a pas dans les près alentour ?

Je parle de taupe, qu’en sais-je finalement. Je ne l’ai jamais vue et si elle est énorme, ce n’est pas normal.  Si elles sont une multitude, ce l’est encore moins. Il y a des choses sous la terre qui creusent des galeries et progressivement encerclent ma maison. Les murs sont épais, il y a des volets à toutes les fenêtres et ils sont costauds. Mais le sol, comment est-il ? Je n’ai pas construit cette maison, j’ignore sa solidité. Il y a la terre en dessous. Et dans la terre, on creuse des galeries. J’ai vérifié, sous le lino de la cuisine, il y a du ciment. C’est solide le ciment. Solide oui mais des choses qui ne craignent pas le caillou creusois, qui ont le nez – s’agit-il bien de nez ? – aussi dur peuvent percer le ciment comme du papier. Personne j’ai peur, ils viennent me chercher.

 

Personne est toujours là et m’a écouté. Elle m’a rassuré en me faisant remarquer que la pièce est carrelée. Ciment et carrelage, ça résiste plus longtemps. Et aucune fissure pour le moment. Elle a rajouté des bûches qui ont déclenché un feu d’enfer rassurant, m’a servi une petite prune, collé un cigare dans le bec, et posé ses fesses sur ma cuisse en me caressant la nuque. J’ai fondu, elle m’a fait du bien. Elle m’a dit de ne pas m’inquiéter, que nous avions toute la nuit encore. J’ai compris qu’elle était en moi et savait pour moi qu’il fallait rentrer, aller ici ou là bas, peu importait. Mais pour de bon.

Personne qui m’aime comme moi même, m’a enseigné qu’ils ne voulaient pas, que je n’avais pas encore le droit, que je devais encore jouir et souffrir. Elle m’a assuré qu’elle m’accompagnerait, qu’elle serait toujours présente quand ça serait nécessaire. Je me suis résigné mais mon esprit retors a quand même eu la ressource de négocier un retour au monde en douceur, en suivant les canaux.

Elle a souri de ma petite malice et puis elle a pris tous mes vieux disques de doucereuses variétés et les a jeté au feu : « Ce n’est plus de ton Âge ! ». Le vinyle a fondu doucement sur les bûches.

On nous accordait la nuit. Les choses n’ont pas attaqué. Nous nous sommes couchés et enlacés chaudement. Personne est là, je ne suis pas seul.  

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article