Par Rampeloux
PERLINPINPIN
Au parc Martin Luther King, un couple de foulques, surgis de nulle part, a construit son nid flottant au centre du plan d’eau. Les poules d’eau semblent s’inquiéter de l’envahissement de ces faux frères. Le héron cendré, étrange figure des bassins des squares parisien, veille immobile.
Non loin, au square des Batignolles, colverts et consorts s’animent en rut violent, les cannes, coquettes, font mine de s’échapper. Les oies, cendrées ou bernaches, se dandinent balourdes puis se font élégants vaisseaux chaloupés quand mises à la mare.
Les joueurs de boule et de cartes sont revenus nombreux. De vieilles dames s’aventurent au banc en des robes d’antan. Des nounous bronzées et tristes veillent de très jeunes choses bavantes. Les joggers exhibent leurs fesses souples, et comptent les battements de leurs cœurs. Le soleil encore bienveillant enlace les arbres bicentenaires. Une bise légère accepte la trêve et lui donne la main.
La longue dame brune alanguie répand gracilement les senteurs du perlinpinpin tout au long de l’allée dont le nom est le sien. Au creux des rocs de stuc, elle pétille, malicieuse, forte et fragile.
Rappelles toi, Barbara, c’est le printemps.
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