LUSTUCRU ?
Lustucru ? Il ne s’agit pas seulement de nouilles.
Le Lustucru est un personnage mythique qui apparait au début du 17eme siècle en France. Il s’agit d’un médecin-forgeron dont la principale activité consiste à opérer avec ses outils la tête des femmes pour les guérir des maux dont elles souffrent. Nul doute que l’hystérie de ces garces était visée.
Mais il y a une autre origine évoquée au nom Lustucru : Il serait ce personnage niais de théâtre – de la même époque – qui dit à sa femme : « l’eusses-tu cru ? ».
Il s’agit là d’une conjugaison du groupe verbal « le crois-tu » au plus-que-parfait du subjonctif ou au conditionnel passé 2e forme.
Un peu plus tard, en 1662, a lieu ce qu’on appellera la « révolte des Lustucrus du Boulonnais ». Les bourgeois et paysans coalisés s’y soulèvent contre un nouvel impôt que Louis XIV leur impose. Une répression féroce s’ensuit. Les bourgeois qui encadraient les insurgés abandonnent rapidement le combat. Les paysans menés par de rares hobereaux locaux errent dans les campagnes, pourchassés par la cavalerie royale. C’est cet errement sans but qui leur valut le surnom de Lustucrus. Vaincus, les meneurs seront pendus et roués, et les autres envoyés aux galères à Toulon.
Lustucru poursuit sa carrière, au début du 18eme siècle, à travers la célèbre chanson enfantine « C’est la mère Michèle ». Quand on lit attentivement les trois couplets, on s’aperçoit que la mère Michèle est une dame assez facilement « légère » et que le père Lustucru est un beau salaud. Qu’on en juge :
C'est la mère Michel qui a perdu son chat,
Qui crie par la fenêtre à qui le lui rendra.
C'est le père Lustucru,
Qui lui a répondu :
Allez la mère Michel vot' chat n'est pas perdu
Sur l'air du tra la la la
Sur l'air du tra la la la
Sur l'air du tra déridéra et tra la la
C'est la mère Michel qui lui a demandé :
Mon chat n'est pas perdu, vous l'avez donc trouvé ?
C'est le père Lustucru,
Qui lui a répondu :
Donnez une récompense, il vous sera rendu.
Et la mère Michel lui dit : c'est décidé,
Si vous m'rendez mon chat vous aurez un baiser !
Et le père Lustucru,
Qui n'en a pas voulu,
Dit à la mère Michel : vot' chat il est vendu.
Mais Lustucru n’était pas perdu pour tout le monde. En 1911 Albert Cartier-Millon crée à Grenoble la marque de pates « Per’Lustucru ».
Les familles Rivoire et Carret, fusionnent leur marque avec celle de la famille Cartier-Millon. Peu après revente à la famille marseillaise Cohen-Skalli, laquelle cède la plupart de ses marques à Panzani – dont Lustucru pour les pâtes sèches – à l’exception de la marque « Lustucru Sélection » qui reste indépendante un temps pour ce qui concerne les pâtes fraiches et le riz.
Mais finalement Panzani est absorbée par la multinationale Espagnole Ebro Foods, leader du secteur. Et donc maintenant le père Lustucru danse le flamenco avec la mère Michèle. Olé.