Par Rampeloux
LE TYPE
Ce type musait souvent entre les bras morts qui s’étaient abandonnés, il dégustait les boutons d’or de ses méandres, baisait les veines bleues, les fraises rouges de ses pleins, les blancs vertigineux de sa peau, la douce pente ocrée. Il s’y blottissait souvent au chaud, humant le musc apaisant. Un drôle de type.
Mais parfois les bras morts frémissent, souvenir d’une ancienne frénésie d’autonomie et d’action. Alors le type se relevait inquiet, redoutant l’éruption et les écoulements de lave brulante d'une agressive vie renaissante. Un type inquiet, certainement.
Sournois le type enlaçait les doigts abandonnés et s’en échappait d’un saut mesuré de couard professionnel, ce qui le laissait bien exposé sur la frontière des couleurs que le bikini dessine sur les ventres des déesses exposées. Il rampait, accroché aux grains de sable volés aux plages des océans du ciel. Et un bras mort miséricordieux le cueillait et le reposait sous aisselle bienveillante. Vraiment un type chanceux.
Le revoilà qui s’agite. Quittant subrepticement son abri sur la pointe des pieds, le type gravit un sein dont il veut dédaigner l’emprise, et du crêt d’un téton érigé, il saute sur une cuisse bronzée. Il reprend son souffle, piétine un tantinet trop longtemps avant que de s’élancer vers la porte de ses illusions. Paf. Le voilà galette, écrabouillé par un bras mort exaspéré. Il n’aurait pas dû hésiter, il a fait démangeaison. Une pichenette fait s’envoler ses restes peu ragoutants. Pauvre type, au fond. Et même un sale type, allez.
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