Par Rampeloux
LA MORT
La mort, ce sont des doigts qui s’enfuient, des yeux qui d’effroi palissent,
c’est une locomotive qui écume et déchire la campagne endormie,
c’est un ogre tapis, un ricanement de reitre,
C’est un soldat vaincu qui titube sur la plaine désolée
Et porte sous son bras sa tête ensanglantée pour l’offrir au ciel
Dans l’espoir du filet de tendresse qui le ferait renaitre
C’est la désillusion de la vie, sa jalouse sœur de lait
et la sœur de sang de la souffrance et des silences glacés
C’est la fin du monde merveilleux qui nous faisait tenir
C’est l’extinction des autres qui nous faisaient aimer
C’est la fin du halo bleuté qui nous faisait unique
Qui nous faisait Babylone en son jardin
Qui nous faisait Cléopâtre et Marc Antoine
Qui nous persuadait de l’éternité de nos peaux douces
C’est un couteau planté dans nos paumes d’espoir tendues
C’est une sentence imméritée, une cruauté hypocrite
C’est l’injustice de la savoir en nous,
Ce sont des doigts qui s’enfuient, des yeux qui d’effroi palissent
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