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la Doublitude

LE PROFESSEUR RAMPELOUX APAISE VOS ANGOISSES

QUAND LE PROFESSEUR RAMPELOUX

DECRYPTE LA DOUBLITUDE

 

Je me suis souvent demandé comment faisaient les gens pour ne pas exister, tout en poursuivant une apparence de vécu.

Sans doute y-at-il des spécialistes, ou des spécialistes partiels, de la question : Sociologues, psychologues, ethnologues, et autrelogues.

Ils ont des réponses. Ils disent spécialement que la non existence est consubstantielle à l’être. C’est futé.

Oui mais ça ne dit pas pourquoi. Pourquoi les êtres seraient doubles. Doubles, pour le moins : Pour la clarté de la réflexion, on se bornera à n’examiner que l’existence et la non existence de ces gens, car si on s’égare à mêler au débat tous les ersatz du vivant, les douloureux hantés de cors aux pieds, les algonquins du surlendemain,  les âmes broyées, les réincarnés de tous poils et écailles, les fildeféristes éhontés, les amants doubles, les machins truqués… bah comme on dit, on s’égare de la gare.

Restons à l’essentiel,  et examinons ces deux facettes de l’existence d’un point de vue scientifique. Et bien sur tout d’abord, il faut écarter ce dit point de vue scientifique qui ne peut que conduire à des impasses et raisonnements faussés, puisqu’il élimine d’emblée et de manière arbitraire tout autre méthode d’analyse.

On se contentera de traiter la question en écartant toute hypothèse ne reposant pas sur des vérités scientifiquement avérées, et en rejetant avec la même rigueur tout point de vue scientifique étriqué rejetant d’autres abords du sujet examiné.

Dans sa mémorable conférence du 30 juin 1947, le professeur Rampeloux, s’adressant à un public populaire, procédait à une éclatante démonstration de la réalité du problème que nous traitons aujourd’hui.

Il ne disposait pas des outils d’analyse modernes qui sont les nôtres aujourd’hui, aussi bien ne faisait-il qu’exposer par l’exemple, les résultats de son immense réflexion prémonitoire.

Souvenons nous. Assis à une terrasse de café, le professeur Rampeloux examinait la foule des passants qui passent.

Soudain vint un homme, vêtu de gris, marchant d’un pas régulier. Le professeur fut pris d’une inspiration : Ce gris du pardessus, ce gris du pantalon et du chapeau, ce gris de la chevelure, ce pas régulier, cette mornitude affectée de l’apparence… Le professeur en était certain, devant lui venait de passer une non existence incarnée dans l’existence. L’homme venait de tourner la rue, disparaissant de la vue du professeur. Il se précipita au coin de cette rue : L’homme n’y était plus, pourtant le professeur crut entendre un bruissement d’aile.

Le professeur secoua la tête, ferma un instant les yeux. Quand il les rouvrit, l’homme sortait d’un immeuble avançait vers lui. Le professeur comprit aussitôt que ce n’était que l’existence de l’homme qui maintenant souriait, saluait en passant devant lui, soulevant le coin de son chapeau « Beau temps n’est ce pas ! ».

Se ressaisissant, le professeur courut après l’existence et l’agrippant lui demanda où était l’autre. L’homme prit un air inquiet et étonné et puis, comprenant qu’il lui faudrait bien s’expliquer et donner une réponse, fit un geste des bras vers le ciel :

- « envolée ? La non existence envolée ?» s’écria le professeur.

- « Oui, bah oui, c’est ça, envolée », dit l’homme avec un bon sourire hypocrite.

- « Ou est-elle ? Quel est son nom ? » hurla Rampeloux.

- « Je ne sais pas moi, là haut, par là », l’existence désignait le bout de la rue.

« Quel est ton nom ? Quel est le sien ? », Questionna le professeur en secouant l’existence. « Ne mens pas sinon je te le ferai payer ».

- « Moi c’est, Robert Delarue. Elle ? Oh bah disons…..».

Le professeur relâcha Robert Delarue et courut éperdu au bout de la rue. La non existence n’y était pas, mais il connaissait sa forme. Il tourna à gauche, puis à gauche, puis à gauche encore : Elle était là, le professeur, bien qu’essoufflé, la rattrapât et lui prit le bras, elle n’osa pas se détacher.

- « Je te tiens, tu ne m’échapperas plus, tu vas me dire, je veux tout savoir, tout savoir. Enfin ».

Au dessus des toits, la non existence de Robert Delarue ricanait.

Ce que le professeur Rampeloux ne sut que plus tard, et ce fut le début d’une grande aventure scientifique.

POUR CONNAITRE LE PRENOM DE LA NON EXISTENCE DE ROBERT DELARUE, IL VOUS SUFFIT D’ENVOYER UN COURRIER ACCOMPAGNÉ D’UN CHEQUE D’UN MONTANT APPRÉCIABLE À L’ADRESSE DE L’’AUTEUR ET A SON ORDRE.

VOUS RECEVREZ LA REPONSE PAR COURRIER POSTAL OU  MEL, A VOTRE CONVENANCE.

GRACE AU PROFESSEUR RAMPELOUX, VOUS DISPOSEREZ AINSI D’UN PREMIER INDICE POUR COMPRENDRE LES MYSTERES DE VOTRE NON EXISTENCE.

 

 

 

 

 

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