Par Rampeloux
LA CLASSE
Si le malheur ou la chute, ou encore le simple désagrément, vous surviennent, il est un contrepoison efficace qui consiste à les vivre avec classe.
C’est à priori décoratif et bien dérisoire, et on s’accorde plutôt à comprendre les hurlements de rage contre l’adversité qui accable, toute honte bue, toute fierté ravalée.
Et pourtant si on renonce à cette pente naturelle, et qu’on s’agrippe à cette volonté de classe, alors le monde hostile se rapetisse et se voile d’une brume quasi plaisante.
Attention, le but n’est pas de s’approprier la « classe » commune ostentatoire et futile et de glousser de contentement de soi et de son admirée superbe, tel un Sacha Guitry en basse-cour.
Il s’agit de vivre sa classe personnelle, à l’aune d’une estime dont seul votre cœur est juge, sans aucun souci de ce que les autres en percevront ou non. Dans la menace de la détresse, il faut se vouloir beau pour en devenir splendide et en jubiler paisiblement. Il ne faut surtout pas le demander, ni le souhaiter, mais dans cet état classieux brûlant veines et peaux, il se peut que quelque autre à vision attentive décèle en vous toute votre immensité, et ce peut être doux s’il vous en sourit.
Mais gueuler et hurler à la mort, ce n’est pas mal non plus…
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