Le syndrome Jean-Gaston tire son origine de Gian Gastone de Médicis, dernier grand duc de Toscane.
C’est un syndrome que l’on pourrait définir comme une volonté inconsciente de procéder à une forme de suicide démographique familiale, chez nombre de familles souveraines ou princières européennes.
On a pu constater que lorsque l’espérance de vie est très courte, la mortalité infantile très élevée, et les conditions générales de vie très rudes, les populations ont tendance à faire beaucoup d’enfants avec l’espoir qu’au moins quelques uns survivront jusqu’à l’age adulte et pourront survenir aux besoins de leurs vieux parents.
Ce comportement est particulièrement vrai chez les plus pauvres, et dans les campagnes. De manière générale, il tend à diminuer quand on s’élève dans l’échelle sociale, la pratique de la contraception y étant mieux connue.
Toutefois la connaissance de la possibilité de la contraception et son éventuelle pratique étaient certainement plus répandues qu’on pourrait le penser : des études démographiques statistiques montrent dans plusieurs provinces françaises une diminution drastique de la natalité dans les périodes de prospérité, absence de conflits, de pillages, nourriture et biens de consommations abondants, etc …Cela essentiellement par la pratique soit de l’abstinence (du moins du coït vaginal), soit du coitus interruptus.
Certes les souverains et la majorité des nobles et leurs familles bénéficiaient de conditions de vie leur offrant en principe une meilleure santé : Bonne nourriture (au moins en quantité), vêtements, meilleure hygiène (relativement), enfance sans travail, habitations solides, closes et chauffées…
Cela devait sans doute leur éviter quelques maux. Mais s’ils n’étaient pas penchés sur la terre du matin au soir comme les paysans, ils n’en étaient pas moins à l’abri des maladies infantiles, des accidents, des épidémies, des chutes de cheval, et d’être occis à la guerre.
En considérant tous ces risques, on peut considérer comme suicidaire la mise en œuvre d’une forme de malthusianisme dans ces familles princières ou simplement nobles.
Le but essentiel de cette pratique consiste toujours à n’avoir pas à diviser les domaines et les richesses de la famille, ni même à devoir attribuer, un apanage, un titre, où une partie des biens et richesses.
Ce malthusianisme s’est parfois manifesté par le simple fait de faire peu d’enfants, voire un seul.
C’est l’idéal par rapport au but recherché.
Mais dans la plupart des cas, les enfants sont nombreux, et c’est après les naissances qu’intervient la pratique malthusienne lorsqu’il demeure plusieurs enfants atteignant l’age adulte.
Lorsque les filles sont nombreuses, il devient difficile de leur trouver à toutes un parti correspondant à leur rang, d’autant que les dots coûtent cher. Dans ce cas, une majorité ne sont pas mariées et généralement deviennent nonnes ou abbesses selon la puissance de la famille.
Lorsque les garçons sont nombreux, seul l’aîné a vocation à se marier et reproduire. Les cadets seront soit des religieux, soit des militaires, et au pire rien du tout.
Certes la pratique n’est pas nouvelle. Ce qui est particulier chez les familles malthusiennes, c’est qu’il apparaît impérieux d’empêcher la procréation des cadets et donc la création de branches cadettes de la famille.
Dans les familles non malthusiennes, consacrer l’un des fils à l’église est une stratégie de pouvoir : il va souvent devenir l’évêque de la ville principale de la famille, succédant souvent à un oncle ayant occupé la même fonction, ce qui évidemment consolide le pouvoir de sa famille.
Dans les familles malthusiennes, on s’acharne : le deuxième garçon sera cardinal, le troisième archevêque, le quatrième évêque et le cinquième abbé d’une riche abbaye, ou grand prieur d’un ordre religieux quelconque. A ce point, c’est caricatural, mais il est des exemples proches.
La carrière militaire, promise au troisième garçon et aux suivants chez les familles non malthusiennes, l’est beaucoup moins dans les familles malthusiennes. Quand un garçon s’y consacre, il est entendu qu’il renonce au mariage.
Une autre possibilité offerte est la carrière diplomatique ou administrative. Certains se retrouvent ainsi à administrer des terres plus importantes que celles de leur famille, et d’autres sont proches conseillers de princes puissants.
Militaires, diplomates ou administrateurs, il est entendu qu’ils ne doivent pas fonder famille et avoir de descendance légitime. Cela supposerait de leur trouver un titre correspondant à un domaine. Si leur famille ne veut pas amputer grandement les possessions familiales, il ne peut s’agir que de petits domaines. Le seigneur d’un petit domaine baisse ainsi dans la hiérarchie nobiliaire, ses descendants deviennent ainsi une sorte de honte pour le branche aînée, comme des « parents pauvres » qui bien sur n’épouseront que des personnes de même rang. (1)
Bien évidemment, même chez les meilleurs malthusiens, il se produit des exceptions.
La constitution de seigneuries les armes à la main par des cadets de famille sera surtout possible lors des croisades et des expéditions d’orient.
Hors cela, on constate des achats de titres et domaines par des cadets exerçant de hautes fonctions et devenus riches et qui fondent ensuite une famille. Et surtout certains cadets parviennent à épouser des héritières de domaines, parfois plus importants que ceux de leur famille d’origine, et là encore ils s’autorisent une descendance.
Enfin il existe une dernière possibilité de création obligatoire d’une branche cadette, lorsque le chef de famille ayant déjà un fils, se remarie avec une femme, héritière d’un domaine, et qu’elle lui donne un autre fils. Dans ce cas, seul ce deuxième fils pourra hériter des biens de sa mère et échappe ainsi à l’obligation de célibat.
Ces exceptions de création de branches cadettes ont sauvé plusieurs familles de l’extinction, risque fréquent quand on mise sur un seul garçon pour avoir un enfant, qui plus est un enfant mâle s’agissant de familles appliquant une forme de loi salique en matière de succession.
Certes on constate ce genre de pratique chez des animaux vivant en meute comme les loups.
Dans ces meutes, seul le couple dominant peut s’accoupler et avoir des petits. Mais, à la différence des hommes, les loups dominés ne deviennent pas ecclésiastiques et en cas de disparition d’un dominant, un dominé prend sa place !
Cette forme de suicide démographique est particulièrement remarquable s’agissant des petites principautés d’Italie du Nord.
Depuis le moyen age, l’Italie est une terre convoitée : par l’empire d’Orient, par l’Espagne, par la France, par l’empire germanique.
Aux et dix huitièmes et neuvièmes siècles, les puissances qui exercent encore leur puissance sur l’Italie sont surtout la France et l’empire germanique à travers l’Autriche.
La France est présente à travers l’alliance de famille des Bourbons qui règnent sur la France, l’Espagne, le royaume des deux Siciles (La Sicile + sud de l’Italie avec Naples), le duché de Parme.
L’intermède de la révolution française donnera une annexion d’une partie de l’Italie par la France, à l’est de l’Italie la création d’un royaume vassal, et l’attribution du royaume des deux Siciles à Murat, beau frère de Napoléon.
Quant à l’Autriche et ses souverains Habsbourg, elle a hérité de l’Empire allemand ses ambitions territoriales sur l’Italie.
L’Italie est divisée en de nombreux Etats souverains. Au sud le royaume des deux Siciles.
Au centre les Etats du pape avec Rome. Au Nord ouest les domaines de la dynastie de Savoie, avec le Piémont, la Savoie, le val d’Aoste, Nice, la Sardaigne et Turin comme capitale. Ce royaume a annexé la république de Gênes en 1714.
Au centre du nord on trouve le duché de Lombardie, possession espagnole depuis 1535, et Autrichienne depuis 1714.
A l’est du nord, Venise restera indépendante jusqu’à 1797. A cette date le traité de Campo Formio permet son annexion par l’Autriche.
Le Duché de Milan et Venise seront intégrés au royaume d’Italie par Napoléon.
A la chute de ce dernier, en 1814 l’Autriche récupère Milan et Venise, et constitue le royaume de Lombardo-Vénétie dont le roi n’est autre que le souverain Habsbourg, empereur d’Autriche.
Restent enfin les principautés du « sud du nord » de l’Italie.
Le duché de Mantoue a été annexé au duché de Milan en 1708.
Il en est de même depuis 1746 pour le duché de Guastalla.
A Florence, depuis 1737, c’est un Habsbourg, cousin de l’empereur d’Autriche, qui règne sur la Toscane.
A Modène et Reggio, après l’extinction de la famille d’Este et l’intermède Napoléonien, là aussi c’est un Habsbourg qui règne sur le duché.
Enfin à Parme et Plaisance, les princes Bourbon sont d’abord dépossédés et ensuite faits rois d’Etrurie (à peu près la Toscane) par Napoléon et rapidement de nouveau dépossédés. Ils sont faits princes de Lucques (Lucca, nord Toscane) en 1824, pendant que l’impératrice Marie-Louise, femme de Napoléon règne sur le duché de Parme, Plaisance et Guastalla de 1814 jusqu’en 1847.
A Cette date les Bourbons de Parme récupèrent leur duché. Lucques est annexé à la Toscane.
En 1859, grace aux extinctions de famille(Milan, Mantoue, Guastalla) qui permettent des quasi annexions directes, grâce à des mariages d’héritières avec des princes Habsbourg (Toscane, Modène et Reggio, Lucques), et enfin grâce à l’annexion directe de la décadente Venise, L’Autriche dispose en Italie du Nord, région économique essentielle, d’un glacis territorial interdisant tout changement en Italie sans son aval.
Et l’Autriche ne veut pas de changement car son ambition est de s’étendre toujours plus au sud. Il ne sera pour elle pas question d’un quelconque renoncement à une partie de souveraineté sur ses domaines italiens.
Pour l’Autriche, la constitution d’une Italie unifiée telle qu’elle se fera en Allemagne dix ans plus tard par l’union de toutes les principautés allemandes est inenvisageable et pourtant ces dernières sont bien plus nombreuses en Allemagne. Elle l’affirmera par la voix de ses vice-rois, et celle des prince Habsbourg fantoches de Florence et Modène, qui font « nombre ».
Même le duché de Parme, plus indépendant mais isolé, préfère le statu quo des Habsbourg, car craignant l’avidité du puissant Piémont.
Certes en Italie, il y a des prétendants à l’hégémonie en Italie : le Piémont et les Deux Siciles, le pape. Ils sont voués à s’affronter et ce sera le cas d’un affrontement général.
Ce ne sera pas un affrontement entre le statu quo et la constitution d’une entité regroupant les différents états de la péninsule, mais un affrontement entre le statu quo, défendu surtout par les Etats Autrichiens et le royaume des Deux Siciles d’une part, et d’autre part, les partisans d’un état unifié détruisant tous les Etats antérieurs, le souverain d’un seul de ces Etats, le Piémont, devenant roi d’Italie.
A ces affrontements territoriaux se juxtaposent l’affrontement idéologique entre le « risorgimento », les libéraux, économiques mais aussi éclairés en matière sociétale et favorables à la démocratie d’un coté et de l’autre, tous les régimes autoritaires. De ce point de vue, les premiers sont plus nombreux, surtout au nord de la péninsule.
Il faut encore prendre en compte les mouvements de révolte spontanés auxquelles on assistera pendant toute la période de la constitution de l’unité italienne de 1959 à 1961.
C’est ainsi qu’en partie du fait de l’extinction de plusieurs dynasties ayant permis la constitution de l’entité paralysante autrichienne d’Italie - refusant toute idée de confédération – que l’Italie a fait l’économie du passage par une union de tous ses petits états, et a pu devenir un royaume unifié en attendant la république.
Bien sur l’Italie n’est pas l’Allemagne : il y avait en Allemagne un état surpuissant, la Prusse, capable d’imposer sa volonté à tous les autres. Ce ne fut pas le cas en Italie, le Piémont n’avait pas la puissance de la Prusse. Et ce n’est qu’avec l’appui militaire de la France que l’Italie a pu « se faire d’elle même », slogan qui se discute évidemment.
MILAN.
Quand s’éteint le dernier duc Visconti de Milan, il n’y a plus que de lointains cousins Visconti, souverains de petites agglomérations. Ils sont aussi trop loin du pouvoir pour succéder au duc Filippo Maria. (2)
Filippo Maria a une sœur Valentina. Elle a épousé Louis de France, duc d’Orléans, frère de Charles VI le fou. Ils sont les parents de Charles le poète, qui devient duc d’Orléans à la mort de son père.
Charles va revendiquer le duché de Milan sans obtenir gain de cause. Mais cette cause sera le prétexte à toutes les expéditions et guerres françaises en Italie. En effet Charles sera le père du roi Louis XII. C’est donc le roi de France qui désormais revendiquera le milanais. Suivi par les rois suivants, François Ier, Henri II.
Par ailleurs, le duc de Milan décédé a laissé une fille naturelle Bianca. Celle ci a épousé Francesco Sforza, condottiere de son état. Il prend le pouvoir à Milan et fonde la dynastie Sforza.
Lui et ses descendants devront à plusieurs reprises affronter les troupes françaises.
Assez rapidement la dynastie Sforza s’éteint à son tour en 1535 avec le duc Francesco-Maria.
Il n’a aucun héritier, proche ou moyennement proche.
Le duché de Milan est vassal du saint Empire Romain Germanique. A ce titre Charles Quint, qui est l’empereur du moment et aussi roi d’Espagne, déclare que le duché vacant revient à son suzerain, c’est à dire à lui même. Il s’en empare.
Le milanais va rester possession espagnole jusqu’à la mort du roi Charles II en 1700.
Suite à la guerre de succession d’Espagne, et au traité d’Utrecht, le milanais est attribué à l’Autriche en 1714 et le restera jusqu’à l’indépendance italienne en 1859, à l’exception de l’intermède de la révolution française et de Napoléon.
En 1859, le milanais est intégré au royaume d’Italie.
C’est sans coup férir, qu’à la mort de Carlo III de Gonzague, dernier duc de Mantoue, l’Espagne s’empare du duché en 1708, et l’annexe à son duché de Milan. L’Autriche, qui lui succède sur Milan, en fera de même pour le duché de Guastalla quand son dernier duc, Giuseppe de Gonzague, décède en 1746. Débile mental, il régnait sous tutelle sur Guastalla depuis plus de trente ans. C’est dire l’influence patiente des autrichiens sur le petit duché.
Les autrichiens ont déjà tenté de faire main basse sur Mantoue au moment de la succession du duc Vincenzo II en 1627. Celui ci n’a ni fils ni frère. Mais il a un cousin germain, Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Rethel. Contre les autrichiens, il parviendra à faire valoir ses droits et à s’installer sur le trône de Mantoue. Il sera en cela aidé par le roi de France, dont il est par ailleurs cousin.
Mantoue et Guastalla sont intégrées au royaume d’Italie en 1859.
La branche aînée des Médicis qui ont régné sur Florence et la Toscane d’environ 1380 à 1737, s’est probablement éteinte par l’abus d’ecclésiastiques qui aurait pu avoir des enfants légitimes aptes à régner.
En même temps, c’est par eux, qu’elle s’est prolongée :
En 1519, Giovanni, Pape Leon X, succède à son neveu comme seigneur de Florence.
A sa mort en 1521, Giulio, pape Clément VII( fils naturel de Giuliano, frère assassiné de Lorenzo le magnifique) , lui succède jusqu’en 1527.
En 1531, Alessandro, son fils naturel, devient duc de Toscane.
La branche aînée s’éteint avec lui.
La branche cadette lui succède de père en fils sous le titre de « grands ducs ». Les cadets sont systématiquement cardinaux.
En 1723, le grand duc Cosimo III meurt. Son fils Jean-Gaston lui succède. On sait depuis longtemps qu’il n’a pas d’enfant et n’en aura pas. Il est homosexuel mais ce ne semble pas être la raison de la stérilité de son couple, car, probablement sans grande appétence, on sait qu’il a honoré sa femme autant que nécessaire pour espérer une fécondation. Il y avait donc infécondité de lui même ou de sa femme ou des deux. C’est ce qui ne devait pas se produire.
Son frère aîné est mort avant lui sans descendance et il n’en a pas d’autres.
Cosimo III, qui a vu l’extinction de sa famille s’annoncer, a demandé à son frère Francesco-Maria, alors cardinal, de déposer la pourpre et de se marier. Francesco Maria se marie donc en 1709, mais meurt deux ans plus tard sans enfant.
C’en est fini des Médicis.
Pour trouver un héritier, Il a fallu remonter l’arbre généalogique. Cet héritier n’est autre que le futur roi Carlos III d’Espagne. A ce moment, il est en passe de monter sur le trône du royaume des Deux Siciles. Encore une fois l’Autriche joue les troubles fêtes pour empêcher cette accession.
Il y a transaction : Carlos peut devenir roi des Deux Siciles mais il cède en échange ses droits sur la Toscane à l’empereur Habsbourg, Charles VI.
Celui ci attribue la Toscane à l’époux de sa fille, la future impératrice Marie-Thérèse, François de Lorraine. A la mort de ce dernier, son fils cadet Léopold lui succède. Leopold, devenu empereur, donnera lui même la Toscane à son second fils, fondant ainsi la dynastie de Habsbourg Toscane, très liée à l’empire autrichien.
La Toscane est rattachée au royaume d’Italie en 1859.
La vieille dynastie d’Este, souveraine de Modène, Reggio et Ferrare, branche cadette de la grande famille des welfs, s’est éteinte elle aussi en 1803.
Elle a déjà failli s’éteindre par deux fois, tant on a aimé faire des religieux avec les cadets de famille.
En 1597, le duc Alfonso II meurt sans frère ni enfant. A cette époque, le duché comprend aussi la ville de Ferrare, qui est même la capitale.
En remontant la généalogie on ne trouve pas d’héritier possible à titre légitime et selon la transmission par les mâles.
Cependant, le père d’Alfonso II avait un frère bâtard. Il est mort lui aussi. Mais il a laisse un fils Cesare qui est proclamé duc.
Ferrare étant ville vassale de la papauté, le pape estime qu’un bâtard ne peut succéder et que le duché de Ferrare est devenu vacant : Il y envoie des troupes et s’en empare.
Cesare ne peut résister et installe sa capitale à Modène.
La dynastie d’Este est sauvée une première fois.
Plus tard en 1694, meurt le duc Francesco II.
Il n’a ni enfant ni frère. Mais il a un oncle légitime qui lui succède sous le nom de Rinaldo III.
Cependant Rinaldo est cardinal. Il lui faut donc déposer la pourpre et se marier s’il veut assurer une descendance. Ce qu’il fait en 1696.
En 1698, sa femme met au monde le futur Francesco III.
La dynastie d’Este est sauvée une deuxième fois.
En 1803, meurt Ercole III (Hercule) qui sera le dernier représentant de la famille d’Este.
Voilà quelques années qu’il a été dépossédé par les français de Napoléon.
A la chute de ce dernier, en 1814, Marie-Béatrice, fille d’Ercole, reprend possession de son duché, ainsi que de Massa et Carrara (dont elle a hérité de sa mère),avec son mari, un Habsbourg, qui règne sous le nom de Francesco IV.
Le duché passe donc dans le giron Habsbourg.
Modène, Reggio, Massa, Carrara sont intégrés au royaume d’Italie en 1859.
Les Farnese qui ont régné sur Parme jusqu’en 1731, sont sans doute les plus performants en matière de cadets de famille devenus ecclésiastiques, évêques, cardinaux et papes.
On ne peut s’étonner de leur extinction.
Contrairement aux duchés voisins, suite à cette extinction, Parme et Plaisance ne vont pas tomber immédiatement dans l’escarcelle des Autrichiens, que ce soit par annexion directe, ou par installation d’un duc Habsbourg fantoche.
En effet l’héritière Farnese, Elisabeth a épousé Felipe V, le premier Bourbon d’Espagne.
Le duché a été ensuite transmis à leur second fils et à sa descendance. Les alliances des ducs de Parme sont donc, au 18eme siècle du coté de la France et de l’Espagne.
Renversés par Napoléon, ils seront dans un premier temps ducs de Lucques, avant de retrouver en 1747 leur duché.
Avant cette date, L’impératrice Marie-Louise , femme de Napoléon, avait régné sur Parme, Plaisance et Guastalla.
Déliés de l’alliance de famille Bourbon, ils seront au 19eme siècle proche de l’Autriche et combattront contre l’unité italienne en 1859.
Parme et Plaisance sont intégrés au royaume d’Italie en 1859.
VENISE.
La république de Venise et toute la Vénétie ont été annexées par l’Autriche en 1797.
Cette annexion est annulée par l’arrivée des troupes françaises : La Vénétie fera alors partie intégrante du Royaume d’Italie dirigé par son vice-roi, le prince Eugène, jusqu’en 1814.
Ensuite, la Vénétie fera partie du royaume de Lombardo-Vénétie, dont le souverain sera l’empereur d’Autriche.
En 1859, Venise échappe à l’intégration italienne, mais en 1866, une dernière guerre d’indépendance verra la défaite des autrichiens et le rattachement de Venise au royaume italien.
Ce n’est qu’en 1870 que l’Italie se décidera à prendre Rome, confisquant ainsi la ville au Pape, ainsi que le latium, reliquat des possessions de la papauté.
Rome devient alors capitale de l’Italie.
(1)
Cela s’est produit dans plusieurs branches cadettes capétiennes : la première dynastie de Bourgogne, les Courtenay, les Dreux.
Des enfants cadets de ces trois familles se sont vus dotés de toutes petites possessions, correspondant à des communes de 200 à 800 habitants.
Certaines de ces familles se sont continuées pendant plusieurs siècles. C’est ainsi que Louis XIV tint à faire préciser officiellement que même en cas d’extinction totale de la famille Bourbon (cousins compris), jamais les petits seigneurs, derniers descendants des Courtenay, ne seraient légitimes à monter sur le trône de France.
Il faut croire qu’ils lui faisaient honte car si toute sa famille disparaissait, que pouvait lui importer qui régnerait ensuite, et d’ailleurs il ne dit pas qui devrait le faire. Sans doute la coutume et donc la réunion des pairs de France élisant un nouveau roi.
(2) le réalisateur Luchino Visconti descend de ces lointains cousins, et spécialement de la branche des Visconti di Modrone, seule encore représentée aujourd’hui.