GENOCIDE
Vous avez dit génocide ? Bah moi, je n’en connais qu’un, celui des mohicans : Quand il n’est plus resté qu’un seul mohican, le dernier, eh bien il ne risquait plus de se reproduire par manque de mohicane. Et donc voilà l’exemple, le seul, de génocide parfait et réussi.
Bon, il y a peut-être quelque part au fond fin de l’Amazonie ou de Bornéo quelques tribus dont on a zigouillé les membres jusqu’au dernier, mais ce n’est pas documenté, et donc non avéré, soyons sérieux.
Pour les autres, ceux qui se disent si couramment génocidés, on est dans le monde de l’à peu près, de l’inachevé, pour ne pas parler d’incompétence.
C’est vrai que pour ce qui concerne le génocide des juifs, 6 millions dit-on, il y a la quantité. Seulement voilà, on dit qu’il y aurait dans le monde aujourd’hui plus de 20 millions de juifs. Ce n’est pas du boulot ça : Comme le disait Dieudonné à Elie Semoun, alias Cohen : « Hitler il a pas fini le travail ». Et donc, Hitler, Goebbels, Himmler, tous leurs potes, tous les boches, tous les Pétains, tous les Le Pen, tous des amateurs, des dilettantes ? La qualité allemande, ce serait du toc ? Ne faut pas dire ça. Ils ont fait de leur mieux, mais partout dans le monde on n’a rien fait que les contrarier.
Et les Tutsi ? Il parait que les Français seraient responsables. Si c’est vrai, je dirais qu’avec un contingent de 3000 soldats, faire la peau d’un million de Tutsi, ça a du être du stakhanovisme. Chapeau, mais insuffisant car là aussi il en reste des millions de Tutsi, c’est à peine si ça se voit. Faut arrêter ces expéditions coloniales, fini cette époque, maintenant on y va, on fait tout ce qu’on peut pour aider, et on est remercié d’un coup de pied au derche.
Et on nous rabat les oreilles avec les Ouighours, les Palestiniens. Quelques milliers de Ouighours tués, quelques dizaines de milliers de femmes Ouighours stérilisés ! Et il en reste des millions, ridicule. Quant à Gaza, c’est quasi de l’amateurisme, ou du travail bâclé : 35000 palestiniens morts en 8 mois sur une population de 8 millions, à ce compte dans plus d’un siècle et demi, seront peut-être au bout de l’entreprise.
En vérité, on parle beaucoup de génocide pour désigner deux choses différentes, bien que pouvant coïncider.
La première appellation « génocide » concernerait une intention consciente génocidaire, c’est-à-dire la volonté de détruire physiquement tout un peuple en employant tous les moyens possibles. Ce peut n’être qu’une intention, mais être aussi en cours de réalisation.
La seconde désigne un massacre important qui pourrait devenir un génocide s’il se poursuit jusqu’à la disparition complète du peuple ennemi.
Dans les deux cas, il y a commodité de langage, car en réalité, un génocide n’est génocide que lorsqu’il a été réalisé complétement comme pour ce qui concerne nos amis Mohicans. Cette commodité est dommageable car elle donne lieu, grâce à l’approximation dans la désignation des faits, à des polémiques dénuées d’intérêt mais plus que partisanes.
Quoi qu’il en soit, lorsque quelqu’un aujourd’hui parle de génocide pour désigner des faits actuels, ce quelqu’un cause soit « d’intention génocidaire », soit d’ »exactions pouvant conduire à un génocide ». Si ce n’était pas une abomination, on pourrait dire que le génocide atteint et réalisé serait le Graal des affreux, et que le parcours pour y parvenir serait leur quête.