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Flic

                                               FLIC

Curieuse engeance que le « flic » (policier ou gendarme ou assimilé).

Pour une large majorité, faire flic n’est pas un choix. C’est plutôt « à défaut de mieux ». A son origine, le flic est un prolo et d’ailleurs il le reste. Et même un sous prolo car sans qualification. Je parle du flic de base, du CRS, du garde mobile. Il a pour lui deux qualités : Il est français et il est en bonne santé et d’une force physique au moins moyenne.

La qualité de français est importante, car s’il était algérien par exemple, il ne lui resterait qu’à être ouvrier spécialisé sur une chaine de montage, tout en étant moins payé. Il pourrait même faire parti du lumpen prolétariat et donner dans la délinquance petite ou moyenne. C’est dire si le statut de flic est une promotion, un sauvetage même pour ces hommes.

L’Etat, qu’il est amené à servir, est le bienfaiteur du flic et il va la plupart du temps développer un sentiment d’adhésion à cet Etat, en acceptant de bon cœur l’obéissance totale qui lui est demandée.

Et tout le problème est là : Le petit bonhomme issu du peuple, « pas bon à grand-chose » qui intègre le métier de flic, s’engage dès son recrutement à se mettre au service de l’Etat et de ses dirigeants. Son rôle sera d’aider l’Etat à discipliner, mater, réprimer les sujets de l’Etat, les citoyens. Il devient le bras armé de cet Etat, quelle qu’en soit la nature et, ce faisant, il se soustrait de son appartenance au peuple, qu’il va au pire percevoir comme un ennemi ou un adversaire, et au mieux comme un troupeau qu’il faut maitriser.

En faisant serment d’obéissance, le flic sait bien qu’il s’engage au pire, le cas échéant. Sans doute certains ont-ils des scrupules et en s’engageant espèrent-ils fortement ne jamais avoir à tirer sur le peuple, ne jamais avoir à rafler des enfants juifs à l’aube, ne jamais avoir à arrêter des résistants à une dictature. Certains sans doute. Mais cependant, tous y sont prêts et le feront. C’est le péché originel du flic : En devenant flic, il s’engage à faire les saloperies qu’on lui ordonnera de faire et en cela, aussi bon, humain et gentil soit-il, il est fondamentalement une salope.

Cet engagement à obéir au pire n’existe que dans deux professions les flics et les militaires. Il existe des salopes dans toutes les professions, mais ce sont des cas individuels, ce n’est pas lié à la spécificité de leur activité.

Le problème a sa source dans un dévoiement : Aux origines mythiques des sociétés, les citoyens s’assemblent, et décident de règles à respecter pour vivre paisiblement ensemble. Ce sont les lois et règlements. Mais aussitôt, les mêmes citoyens se souvenant qu’ils ne sont pas spontanément sages, décident de mandater parmi eux des flics pour faire respecter ces lois et réprimer les contrevenants et aussi de créer une justice pour les juger et les punir. Dans cette configuration originelle, le lien citoyen-flic est immédiat et étroit, le flic n’est pas choisi parmi les laissés pour compte de la société mais parmi les citoyens dignes de confiance, appréciés de tous.

Dans nos sociétés, le flic est un instrument d’institutions, l’Etat la plupart du temps, sans lien avec les citoyens autre que répressif, et de plus l’institution elle-même, se trouve éloignée du peuple, placée au-dessus, légitime et légale sur le papier, mais ressentie comme illégitime et surtout étrangère, et cela même dans le cadre de la démocratie formelle.

Et pourtant, il serait absurde de nier l’extrême utilité de la police, dans son rôle actif d’abord : Les exemples sont multiples, par exemple le démantèlement de réseaux terroristes islamistes.

On n’en parle jamais et pour cause : Les flics sont aussi utiles de par le simple fait que leur institution existe. Et c’est probablement dans ce rôle qu’ils sont le plus efficace. C’est grâce à cela que, de manière générale, les gens ne s’entretuent que de manière modérée et somme toute rare, ou qu’on peut se promener dans les rues sans risquer de se faire dépouiller ou égorger tous les dix mètres. Clairement, si le flic est par essence une salope haïssable, il est aussi - malgré l’utilisation contraire à l’intérêt du peuple que peut souvent en faire l’Etat – une protection indispensable. Evidente contradiction pour le détracteur du flic !

Sur certains tronçons de route, ont été disposé des gendarmes découpés dans du bois. Ça marche, les automobilistes non avertis ralentissent. Alors pourquoi pas des patrouilles de robots flics ou des hologrammes de flics surgissant au milieu de la rue à 3 heures du matin ? Autant de salopes en moins.

Ces belles méchancetés étant dites, il existe des flics démocrates bien que salopes, même si une bonne moitié des effectifs policiers est proche du Rassemblement National. Que peuvent-ils faire de différent des autres : Sans doute, passer du bon coté en cas de résistance à un Etat dictatorial. Mais en temps normal, comment peuvent-ils se signaler ? Eh bien en donnant des coups de matraque moins forts dans les manifs, ça serait gentil.

 

 

 

 

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