Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Explications de texte

 

                                    EXPLICATIONS DE TEXTES

 

PORTE OUVERTE

Emmanuel Macron a tenu à indiquer que tous les moyens pouvaient être utilisés – y compris l’envoi de troupes au sol - pour défendre la sécurité de la France et par extension celle de l’Europe.

Cela a provoqué un tollé de protestations diverses en France et en Europe, Macron étant accusé d’aventurisme va-t’en guerre, et surtout de vouloir entrer en guerre contre la Russie.

Pourtant cette déclaration est bien ordinaire et ressort de ce qu’on appelle le défonçage de porte ouverte. Car enfin, il est bien normal qu’un pays, ou un groupe de pays, envisage tous les moyens possibles à sa disposition pour protéger sa sécurité. Si un reproche peut être fait à Macron, ce serait plutôt de perdre son temps à énoncer des évidences.

Reste que parmi tous les moyens évoqués, il a tenu à préciser la possibilité de troupes terrestres. Ce n’est effectivement pas neutre, il aurait pu tout aussi bien évoquer l’envoi de rafales pour protéger l’espace aérien ukrainien.

S’il évoque la possibilité d’envoi de troupes, c’est que la situation du front en Ukraine est inquiétante et qu’un effondrement ukrainien parait possible. Macron considère donc qu’une avancée russe et un envahissement complet de l’Ukraine constitue une menace pour notre sécurité. La question essentielle est là, il a raison ou non.

Mais ce qui est absurde, c’est de réclamer des négociations de paix qui ne pourraient se faire que sur la base de la démilitarisation de l’Ukraine et du retour dans le giron russe. Avec, de l’autre côté, un gouvernement ukrainien qui réclame de récupérer tout son territoire. Aucun accord possible. Dans un avenir prévisible, on s’oriente donc plutôt vers un front figé, éventuellement protégé par un accord de trêve des combats, situation qui peut satisfaire les deux parties, mais de manière provisoire, cela grâce à l’envoi de troupes occidentales ou toute autre aide, et bien sûr par la résistance ukrainienne.

Il parait quasi évident que la présence de troupes occidentales en Ukraine non occupée ne serait pas un casus belli général si elle se limite à des actions de défense du territoire. En revanche, si elle permettait une avancée ukrainienne, même limitée, là il est certain que le risque est grand : Une perte de territoire conquis serait pour Poutine plus qu’une défaite, ce serait pour lui le risque d’être déstabilisé et de perdre son trône, et cela il ne pourrait l’admettre sans tout tenter, y compris le pire.

 

TERREUR ET TERRORISME

On a grandement reproché à LFI d’avoir refusé obstinément de qualifier le Hamas de « Terroriste ». On peut se demander pourquoi cet entêtement (On pourrait soutenir qu’un parti n’a pas à répondre à des injonctions) d’autant que cette organisation a qualifié les horreurs du 7 octobre de « terreur », et d’autant aussi que ce refus lui a couté cher en termes d’image. De « terreur » à « terrorisme », il y avait là un pas minuscule à franchir qui valait bien une messe, aurait dit Henri IV.

Je n’ai pas entendu d’explication officielle de LFI sur cette question. Mais il est clair que ce distinguo qui parait dérisoire ne peut qu’avoir une base idéologique pointue.

Je m’avance peut-être mais il est bien possible qu’il repose sur l’existence d’une autre qualification du Hamas : Son incontestable représentativité. Hamas terroriste d’une part, Hamas, principal représentant des palestiniens de Gaza mais aussi de plus en plus de ceux de Cisjordanie. Cette double identité est inacceptable dans une perspective de règlement politique, et singulièrement dans la recherche d’un très hypothétique accord permettant la création d’un Etat palestinien.

Selon le vieil axiome, quand on fait la paix, c’est en discutant avec son ennemi. Et pour signer un accord avec lui, il faut qu’il présente une image d’honorabilité minimale, en tout cas il ne peut être terroriste. Il ne peut y avoir un Hamas terroriste représentant les Palestiniens. Il faut donc qu’il y ait un Hamas représentatif dont on rappellera marginalement que certains de ses membres ont un jour participé à une journée de terreur et d’horreur contre des civils israéliens.

Cynisme évidemment, mais aussi souci de préserver l’avenir, une petite chance de paix. Sinon quelle autre solution si pour représenter les Palestiniens il n’existe qu’un Hamas (et quelques autres partis de même ligne) terroriste qu’on récuse et une autorité palestinienne qui ne représente plus personne.

On se souvient du Fatah de Yasser Arafat : Pendant longtemps, ce fut l’horrible organisation terroriste qui tuait tous azimuts un peu partout. Et puis un jour, elle est devenue, en peu de temps finalement, une organisation politique responsable. Ce n’a pas été un coup de baguette magique. Il y a eu certes un changement de stratégie de la part du Fatah, mais surtout il est devenu « responsable et fréquentable » dès lors que les autres parties concernées en ont décidé ainsi car elles voulaient avoir un interlocuteur représentatif pour discuter.

Certains rêvent du surgissement d’une autre force politique palestinienne. On ne la voit guère venir. Au contraire, après les massacres de masse commis par Israël à Gaza, Le Hamas est beaucoup plus fort et jouit d’une immense popularité en Palestine. Et au fond LFI a sans doute eu raison de ménager l’avenir d’éventuelles négociations. A ceci près que ça n’a aucune espèce d’importance, ce n’est pas LFI qui viendra présider à l’instauration de la paix au moyen orient. Mais qu’il est bon, dans son fauteuil le soir au coin du feu, de se dire qu’on a eu raison. Ah mais.

Ca me rappelle ce pastiche qu’avait écrit un ami, sur l’air des « bigotes » de jacques Breil :

Ils scissionnent à petits pas,

Par petits groupes, en petits tas,

Les trotskistes,

Et c’est devant leur feu de bois

Qu’ils guident le prolétariat

Les trotskistes

Ah si j’étais Marx en les voyant parfois

Je crois que je me ferais curé ou maoïste

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article