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Douce Maïté

 

                                               DOUCE MAÏTE

 

« Maïté, je t’ai vu la culotte,

 

La culotte, la culotte,

 

Maïté, je t’ai vu la culotte,

 

La culotte, la culotte,

 

La culotte je t’ai vue. »

 

Paroles sublimes qui occasionnent de grandes bouffées dépressives à tous ceux qui s’essayent à l’écriture et qui se disent que jamais ils n’atteindront une telle excellence et qu’ils feraient mieux d’engloutir une bouteille de vodka avant de se foutre à l’eau.

 

Au prétexte que ces mots traiteraient d’un sujet réputé léger (la culotte de Maïté), voire leste, cette aimable chanson patrimoniale n’est pas enseignée dans nos écoles et aucune chorale de nos chers bambins ne la reprend à son répertoire. La pudibonderie a encore de beaux jours devant elle au détriment de la créativité sans cesse renouvelée des artistes porteurs du génie collectif du peuple.

 

Et pourtant, qui ne voit dans ces lignes l’occasion absolue d’expliciter enfin simplement et clairement la règle du participe passé qui s’accorde avec le complément d’objet direct quand celui-ci est placé avant, à savoir le « e » qui s’affiche en finale du mot « vue » quand la vision de la culotte de Maïté se trouve renforcée et appuyée par ce renversement audacieux de l’expression du concept, feu d’artifice de la langue.

 

On devrait donc se taire après l’audition de ce nectar lexical. Et pourtant la vie continue. J’en entends même certain fredonner « à la tienne Etienne ». C’est d’un niveau bien inférieur. Et on me dit que ce ne serait pas correct, je n’ai pas compris pourquoi. Bah, douce Maïté. 

 

 

 

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