Par Rampeloux
DIMANCHE TERDECIES
« Je trouve impudique de raconter sa vie, je n’écrirai jamais ma biographie. Ça ne sert à rien de se mettre en avant, de bomber le torse, un homme doit avoir une réserve. » : Déclaration (à quelques mots près) récente de Bernard Lavilliers, après qu’il se soit largement répandu sur son passé dont il fut souvent le héros.
Passé très certainement réel et intéressant, aucune raison d’en douter, mais qui s’auto-détruit de par les arrangements et encensements détournés qu’il en fait. Ce n’est pas facile à analyser, mais Lavilliers parvient, en nous racontant ce passé vécu, à nous le faire ressentir comme une fiction de son cru.
Etonnant résultat. Peut-être peut-on y voir un effet « conteur » qui prend les épisodes des vies et leur donne le merveilleux.
Quoi qu’il en soit, à ce niveau d’absence de lucidité sur soi-même – ou sur l’image qu’on donne de soi -, c’en est touchant. Sûr qu’il serait inutile qu’il écrive sa biographie, il l’a déjà fait.
Heureusement, pour l’essentiel, il est un grand artiste et d’après ce qu’on en sait, et malgré son exhibitionnisme et l’auto-magnification des épisodes de sa vie, un type bien, ce qui est une performance dans cette contradiction.
Curieux, on avait eu l’impression que sa période « moi, moi » était passée, il n’agaçait plus, c’était agréable, et non, ça revient. Chassez le naturel… et puis c’est presque amusant.
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