Par Rampeloux
DE DENIS DIDEROT :
DURER(*) L’IDIOT
Un journaliste, Durer, n’est pas nécessairement un imbécile complet, c’est un primaire qui a une heureuse mémoire et un don spécial pour consulter rapidement une encyclopédie, un atlas de géographie ou un planisphère céleste.
Il a tout au long de sa carrière tant et si copieusement renouvelé le vernis de son cerveau, que cela a formé une couche glacée, diamantine, cuirassée de gloire, qui étincelle et qui résiste même à l’expérience des premiers grattages.
Or, chez toi Durer, le vernis n’est qu’une sale peau qui luit de loin comme un crachat tassé ou une bavure de cambouis.
Certes, ce texte de Diderot est porté par la hargne, le parti pris, et la mauvaise foi : C’est le propre de la polémique. Mais le style est si splendide et mordant qu’il en gomme les motivations peu nobles.
Il pourrait inspirer les petits maitres actuels qui prétendent à la percussion de la pensée et à l’iconoclastie.
Eric Zemmour, qui transcrit ses suintances malsaines dans un français correct mais avec une platitude de goret anorexique, en serait un grand bénéficiaire.
Malheureusement ce ne sera pas car il déteste le siècle des lumières, ses artistes, ses penseurs, ses créateurs, ses découvreurs et ses philosophes. En somme il déteste la France.
(*) Aucun lien avec le peintre homonyme.
ET ENCORE
(Juste pour la beauté des mots)
Lorsque sur mon sarcophage une Pallas qui se désolera, du doigt aux passants montrera ces mots gravés, « ci git un sage », n’allez pas, d’un ris indiscret, trahir ma mémoire éplorée et dire :
« Ci git un fou, gardez moi le secret ».
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