DE BEAUX SPECIMENS
« L’avenir sera pire que le futur »
(Pierre Dac, ou sacha Guitry, ou Magritte, ou Rampelberg)
IN THE BAB AGAIN
Je vous l’avais bien dit (Désolé de me citer !) :
« Et enfin où a-t-on vu ça que des français favoris confirment le pronostic et gagnent ? C'est un truc d’amerloque ou de boche, ce profil -là. Les Français, ça gagne quand ils sont donnés perdants, quand on ne les attend pas, par surprise, et de préférence dans le rôle du petit -méprisé dédaigné, opprimé, malchanceux, souffreteux, sans aucun chance – qui soudain terrasse le grand méchant arrogant qui devait triompher.
Alors, c’est à craindre, ce rôle de favori, ça sent mauvais, mauvais, pour la France, ça sent le carton rouge « injuste ou stupide » pour un français exclu du terrain (ou une blessure sévère pour Mbape), et un score 2 à 1 pour l’Allemagne, le deuxième but allemand par penalty dans la dernière minute de jeu. »
Et donc : Allez les Belges !
LA BANDE DES TROIS
Au cas où nos chers Macron et Le Pen feraient faux bon, on peut désormais se rassurer avec les trois nouveaux prétendants au trône que la droite nous propose, et ce sont de beaux spécimens ! Qu’on en juge :
Xavier Bertrand, duc des Flandres et de Valois et autres riantes contrées, qu’on imaginerait plutôt bedeau de l’église sainte Cunégonde à Romorantin-Lanthenay, ou encore représentant de commerce en parapluies en peau de couilles et fixe-chaussettes assortis. Son air toujours guilleret nous fait promesse de grandes joies.
Valérie Pécresse, duchesse en France, des gueux de l’est comme des gens de bien de l’ouest, digne militante de la manif pour tous, dont le look, le brushing et le foulard Hermès devraient lui permettre de figurer efficacement dans une publicité pour les culottes antifuites Tena, et qu’on verrait bien aussi en maitresse de maison de Neuilly renvoyant la bonne sous l’accusation d’avoir volé la pièce de 1 euro qu’elle avait négligemment laissée trainer sur la commode pour tester son honnêteté. Avec elle, la maison France serait bien tenue.
Laurent Wauquiez, duc d’auvergne et Dauphin de Viennois, un charmant garçon aux grisonnements variables. Il a toutes les qualités de l’aimable gamin qui, pour avoir dénoncé ses camarades, est récompensé en étant invité à monter sur l’estrade lors de la fête de fin d’année et prononcer le discours de vifs remerciements à monsieur le proviseur et à tout le corps enseignant pour tout le bon savoir dispensé à des enfants qui ne le méritent pas tous, car nés vicieux et délinquants, suivez mon regard. Quand il sera roi, ne doutez pas, il saura mater ceux qui défient la loi et l’autorité. Avec une équité bien à lui.
LE FAISEUR
Mais qui sait, ce sera peut-être un autre ! Le Zemmour par exemple. Il plait tant. Et il distrait les petits enfants, surtout quand il secoue hystériquement son torse étique surmonté d’un cou de poulet de grande mobilité, d’une crispation de la mâchoire et de deux yeux globuleux qui s’exorbitent, manifestations particulières, semble-t-il, d’une tentative d’exprimer de la gaité, d’un ersatz de rire en quelque sorte. Avec lui, on reviendra à son siècle préféré, le 17eme, exit les Lumières, Les révolutions, le progrès social et même le romantisme. L’analphabétisme sera obligatoire comme en ce temps-là, pour l’harmonie des populations, et les 5% de lettrés, les élites adorées de Zemmour, péteront dans la soie, pour leur plus grand bien, et ce sera le bonheur.
Et il séduit aussi tous les naïfs aveuglés par sa prétendue culture de « faiseur », de charlatan de la pensée. Il amuse la galerie à coups de citations et références qu’il a picorées, avant de venir sur les plateaux télés, dans les œuvres d’auteurs d’extrêmes droites (Qui eux ont souvent le mérite d’avoir tenté de construire une cohérence à leur pensée). Il assemble ces colifichets à sa façon, dans une iconoclastie de bazar qui épate, et il produit ainsi, au hasard de ses divagations, des compressions brinquebalantes à la César, sans socle ni articulation, mais devant lesquels la partie du peuple demandeuse d’adulation, se prosterne comme devant la pythie. Une pensée qui, mise à plat, est vide étincelant, telles les maximes de Sacha Guitry, lesquelles, inversées, demeurent souvent tout autant d’apparence pertinente mais n’éblouissent que le temps d’un éclair.