Par Rampeloux
CUISINE FATALE
Imaginez, par exemple : Vous naissez, vous ne savez pas trop ce qu’il va vous arriver, mais pas grave, vous vivez à la va comme je te pousse, et puis un jour, vous vous êtes établi dans un coin où il y a parfois, rarement mais ça arrive, des inondations. Vous avez 43 ans, il y a de l’eau sur le sol de la cuisine, vous y entrez et un appareil ménager branché tombe sur le sol. Et vous crevez électrocuté. C’est ballot, c’est con. Bah bof, y a pire.
C’est comme ce type qui se prenait pour la conscience universelle. En conséquence de quoi, il avait décidé qu’il fallait cuire les âmes pour les bonifier. Et alors que je te poêle les âmes bien saisies puis à feu doux, ou à court bouillon avec du vin blanc, ou au barbecue, ou à la bourguignonne, ou farcies au foie gras, il aurait pu produire un livre de cuisine des âmes. Somme toute, il était heureux, croyant faire au mieux pour le bien de tous.
Mais le bonheur est éphémère : En sa qualité de conscience universelle, il aurait dû le savoir. Car survinrent les sectateurs des âmes crues. Ils l’attrapèrent et le bouffèrent, tout cru évidemment.
Et il y a aussi l’histoire de ce mec qui met une ragougnasse à mijoter sur le feu et se met à écrire des histoires de vieille pute sur un ordi. Ce mec, c’est comme une poule pondeuse de Paques, quand il commence, ça ne s’arrête plus. Résultat, quand il se décide à se lever, il découvre en cuisine son plat calciné. Un abruti, à mon avis.
Il y a quand même une moralité : Evitez de cuisiner et n’entrez jamais dans les cuisines. Allez plutôt au restaurant et si vous n’avez pas de quoi payer, partez en courant. Si tout le monde s’y mettait, il y aurait moins d’accidents et tout le monde mangerait bien.
Facile à dire, ricane l’abruti. Irrécupérable celui-là, il ne saura jamais planer.
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