CAMEMBERTKHOMRI
Je ne le savais pas encore avant hier, c’est surement une provocation qui m’est destinée, si, si : La Myriam El khomri se présente aux législatives dans le dix-huitième, chez moi. Oui, la Khomri, celle de la « loi travail ». C’est quand même un arrondissement de gauche le dix-huitième, qu’espère-t-elle ? Que les maghrébins de la goutte d’or vont voter pour elle à cause de ses origines ? Beaucoup sont étrangers et ne votent pas, ceux qui sont français votent peu, et quant à voter pour une femme…
Investie par le PS, ça ne l’empêche pas de proclamer son soutien à Macron. Les socialistes, c’est comme un vieux camembert plein d’asticot, ça marche tout seul vers le vide ordures.
Hier soir, le Mélenchon est venu devant la mairie, à Jules Joffrin, pour soutenir le candidat local de la « France insoumise ». Très joli discours, que personne n’a pu entendre, la sono ne fonctionnant pratiquement pas. C’est l’intention qui compte.
Ecœuré par les présidentielles - et résigné à constater qu’une majorité de Français sont de droite (*) et qu’il est épuisant de se battre contre les moulins à vent et que donc gouverne la droite comme elle l’entend, après tout ce sont les jeunes et les personnes en âge de travailler qui vont morfler, de quoi je me mêle - je m’apprêtais à mépriser dédaigneusement ces législatives, et à me consacrer à l’écoute du chant des petits oiseaux dans les fourrés. Mais là, non, ce n’est pas possible, s’il y a un endroit en France où il faut voter, c’est ici, pour jeter cette garce. Je sais bien : Le véritable auteur de cette loi scélérate, c’est Macron et il se prépare à l’aggraver, mais El Khomri l’a revendiquée. Elle assume la saloperie, donc virons là.
(*)
Ils sont de droite en ce sens qu’ils votent à droite : Si on fait l’addition (PS + droite Macron + Droite LR-UDI + FN) on arrive à plus de 70% des voix pour la droite. Et, même en ne comptant pas l’extrême droite, on est encore à plus de 50%.
Ils sont de droite mais aussi majoritairement de gauche dans leurs aspirations essentielles, à savoir les protections sociales : Maladie, handicaps, chômage, retraite, solidarités diverses, services de l’Etat performants. D’où la difficulté de gouvernance pour les hommes politiques de droite qui, bien élus, pensent légitimement pouvoir mener une politique de droite : Ils s’aperçoivent vite que là où ils comptaient « démanteler », il vaudrait mieux qu’ils se contentent d’égratigner, et finalement qu’il est plus prudent de ne rien faire du tout. On l’a vu avec Fillon qui voulait privatiser une partie de la sécu-maladie : il a vite fait machine arrière tant cela déplaisait à son propre électorat.
Sur ces points, on voit qu’ils auraient plutôt intérêt à avoir un gouvernement de gauche, et c’est difficile à chiffrer, mais il y a en fait une très large majorité qui, sans en avoir la conscience, n’a pas intérêt à ce qu’un gouvernement de droite parvienne au pouvoir, spécialement de type Macron, totalement dévoué aux intérêts de la finance mondiale et des multinationales. Et on peut inclure dans cette majorité nombre de dirigeants de petites ou moyennes entreprises, start up comprises qui, pour beaucoup, ont vocation à dépendre, devenir des sous-traitants, victimes d’une chantage permanent de plus puissants qu’eux, paupérisés, travaillant à perte dans l’espoir de survivre, ou encore à se revendre à vil prix.
Si j’osais je dirais qu’il y a une alliance de classe qui pourrait s’imposer entre le monde du travail et ce monde de l’entreprenariat toujours plus pressuré. Avec le risque de poujadisme et d’extrême droite que peut comporter ce genre d’accord.