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Bonnes résolutions

BONNES RÉSOLUTIONS 2010

 JANVIER.

Jean-michel Rampelberg marchera sur les eaux, un jour à convenir, selon convenance des curieux. Sinon il le fera tout seul, les eaux comme seul témoin, il a l’habitude.

 

FEVRIER.

En février 2010 , Jean-Michel Rampelberg fera canard gras sur les étangs gelés de la reine Blanche en forêt de Chantilly. Il y effectuera d’admirables glissades. Il vous suffira de vous occulter dans les roseaux ou sous les rosacées pour vous repaître de ses exploits.

 

MARS.

En mars 2010, Jean-Michel Rampelberg ne mangera pas de ce pain là. Ah mais non. Les autres pains, oui, sans problème majeur.

 

AVRIL.

En avril 2009, Jean-Michel Rampelberg avait déjà découvert que Jean Ray était le père. En conséquence en avril 2010, il découvrira que Marcel Aymé  n’est autre que le Saint Esprit. Il sera lors aisément prévisible qu’en 2011 Maurice Pons se révélera le fils.

Toutes les places étant prises, Jean-Michel Rampelberg devra se rabattre sur le poste honorifique de Saint Frusquin. Est ce un destin enviable que cela ?

 

MAI.

En mai 2010, Jean-Michel Rampelberg s’abstiendra de perdre son vert briquet, son rouge briquet, son noir briquet, ainsi que ses briquets d’autres couleurs, et de les chercher partout en pestant , ce qui agace les autres.

En cas de perte il se pelotonnera pour dormir sur son vert coussin.

 

JUIN.

En juin 2010, Jean-Michel Rampelberg, lassé de son nom arabe qui ne lui vaut que déboires, voire démangers, se dotera d’une autre appellation, de préférence contrôlée.

 Rampulbouc étant déjà pris par des personnes de mauvaise vie, il pense à la traduction de son nom en français de chez lui, soit « tempête ou orage dans la montagne ». Ce qui ferait plutôt Cheyenne ou Appalohé. Tempête ferait plutôt cheval gagnant du grand prix de l’Arc de Triomphe. Orage ?!:

Pourquoi pas « oh désespoir » en sus  ? Et « montagne » bof.

 

Alors il sera Rampeloux, roi des loups (en souvenir de Mumu, qui avait des seins « petits mais meugnons », disait-elle, comme pour s’excuser de ne pas avoir des nichons de vache Holstein à offrir à la sensibilité de ses doigts de jouisseur impénitent).

 

JUILLET.

En juillet 2010 , Jean-Michel Rampelberg passera le plus clair de son temps sur cette large pierre plate et polie qui fait face au moulin occupé par le peintre Lasnier (peintre raté s’il en est, on ne le répétera jamais assez, bouh vilain le peintre, tire toi du moulin, je le veux, tu peux laisser ta belle bourgeoise si pleine de goût pour le jardin et la décoration, peut servir, mais toi salaud allez plonge dans l’eau mais si c’est assez profond connard), moulin qui borde la Sédelle, ma rivière torrentueuse – ma rivière à moi , mais moi ne suis pas comme ce salaud de Lasnier enfermé dans son moulin, moi ma rivière j’en autorise la visite -, et je ne vais pas faire un dessin, tout être de qualité connaît la Sédelle, et puis aussi assez de ces réflexions sur la nécessité de faire des phrases courtes, une langue est faite pour qu’on s’en serve, laissons les phrases onomatopées aux babouins et fort peu entendants.

 

De sa pierre, Jean-Michel Rampelberg se laissera de temps à autre couler dans l’eau tourbillonnante pour s’y rafraîchir et amollir le cuir de sa vieille peau. Entre ces bains, il finira l’écriture de ses  œuvres complètes, il serait temps, il n’y a pas que ça  à faire dans la vie.

 

AOUT.

En août 2010, Jean-Michel Rampelberg cessera de vivre. Autant que possible. En fois et en temps. Ces RTT de vie économisés et cumulées viendront s’ajouter à sa durée de vie initialement programmée. L’objectif est évidemment de ménager des périodes de détente soulageant sa vie exténuante, et aussi de permettre une canonisation que son age lui vaudra automatiquement.

 

SEPTEMBRE.

En septembre 2010, Jean-Michel Rampelberg deviendra roi de Pierrefitte et de ses marches. Les habitants, désœuvrés comme œuvrés, seront mis à contribution pour le renouveau du royaume. Ainsi – et entre autres- seront mises en application les mesures suivantes :

 

Quatre boucheries seront rouvertes dans la rue de Paris. La boucherie Burti servira la meilleure viande mais devra cesser de voler le monde. La patronne de la boucherie Wallon devra cesser de culpabiliser les ménagères qui ne sont pas venues depuis plus de huit jours.

 

Les sept frères bruns Vidal devront débouler régulièrement dans la rue de Paris en se déplaçant par ordre de taille.

 

Trois boulangeries seront réouvertes rue de Paris, et une au cimetière. Rue de Paris, elles porteront le nom de Pesti, Motu, Leclerc. Motu servira le plus mauvais pain. La boulangerie du cimetière ne portera pas de nom car changeant trop souvent de propriétaire.

 

Les quatres frères roux et la sœur rousse Timothée, tous cinq à six doigts et quatre tétons défileront de temps à autre, la mine douloureuse.

 

Madame Loiseau fera la roue dans la rue de Paris en palabrant avec madame Perruche, la patronne huppée de la nouvelle boutique bio, elle aussi recréée. Cela agacera la mère du roi.

 

Le pavé d’Amiens sera repavé. Paris Roubaix y repassera.

 

Le pensionnat de jeunes filles de la rue Guéroux sera réouvert. Les grilles seront solidement refixées. Sauf le passage derrière la remise du jardin ignoré de la direction. Des jeunes filles le peupleront, vêtues de hautes chaussettes, de jupes plissées bleues, et de larges cols blancs.

Le pensionnat de la rue Etienne Dolet, hideusement reconverti aujourd’hui en jardin public, subira la même restauration. De nouveaux, de hauts murs hérissés de tessons de bouteille l’enfermeront dans son mystère originel. Comme autrefois les tessons seront sans effet dans la sente Lhommet, car recouverts d’un lierre épais. A minuit, au fort de l’été, quelques jeunes filles se baigneront en silence dans l’étang aux nénuphars, et le roi, caché dans les fourrés, croira comme autrefois que c’est là le bonheur du monde.

 

Au delà des Vignes blanches, la route qui mène à Sarcelles sera débitumée et remise en son état d’origine, c’est à dire un chemin herbeux bordé de vergers en parcelles. A son extrémité, il débouchera sur ce vaste marécage asséché qui se nomme Sarcelles. Commune qui bien sur sera totalement détruite. Mais peut être le roi voudra-t-il rendre hommage à son papa en restaurant plus avant dans le temps et en refera-t-il un marais peuplé de Sarcelles et autres ziozios.

 

Le supermarché Mousquetaire sera détruit et les mousquetaires mousquetés. Le marché reviendra place du marché et sera de nouveau ouvert. La foule s’y pressera. Le samedi matin, l’église en face s’ouvrira sur des mariés noirs et blancs et des endimanchements. En tout temps l’abbé Paulin se promènera main dans la main rue de Paris avec la sœur Marie-Thérése en  échangeant des bisoux sans équivoque, salués chaudement par les communistes (majoritaires) goguenards, catastrophant les bons paroissiens qui « en parleront à l’évêque ». L’abbé Veyron lui se contentera de continuer à peloter les petits garçons, et les communistes « en parleront à l’évêque ». Pauvre évêque.

 

Les longues après midi d’été Utrillo, après avoir écumé les dernières buvettes de la Butte Pinson, descendra installer son chevalet sur la place du marché désertée et entamera de peindre l’église (Saint Gervais-Saint-Protais) , avant d’aviser le bar du bistrot qui la jouxte.

 

Le samedi soir le bal sera rétabli dans la salle des fêtes du bois de la butte Pinson. Sous les lampions Liliane, « oh Liliane », dansera. Et Annick , « oh Annick »,dansera aussi. Et les copains auront tous une bonne raison de n’avoir pu venir, car Liliane comme Annick , typiques représentantes de ces femmes au cœur partagé comme une place publique, ne peuvent se multiplier par dix pour l’après bal et lampions dans le bois jouxtant. Ou bien le roi recréera des Liliane et des Annick en nombre adéquat.

 

Ainsi seront évitées les castagnes. Comme elles le seront à la sortie du cinéma le Roxy, et même à celle de l’Elysée, sauf défense légitime contre une agression d’une bande de Saint Denis : Les Joncherolles, cette marche de Pierrefitte où se trouve l’Elysée, est très propice aux incursions de l’ennemi.

Ce n’est pas le cas de la bande de Stains, facilement repérée et signalée dès la gare quand elle s’aventure à franchir les lignes de chemin de fer.

Les bagarres entre concitoyens ne seront donc autorisées qu’en combats singuliers et uniquement dans le vain espoir de complaire à une dame. Chacun a le droit d’être con.

Les bagarres avec l’ennemi seront autorisées en concertation avec les autorités des royaumes voisins, à dates annoncées et selon des règles précises. Leur seul objet sera de maintenir la représentation de la tradition , objectif essentiel pour la bonne hébétude du roi.

 

Il en sera ainsi.

 

OCTOBRE.

En octobre 2010, Jean-michel Rampelberg sera, et que si c’est pas sur, c’est quand même peut-être, parce que les autres veulent pas.

Les autres ils disent comme ça que je fure.

Non je fure pas !

Si tu fures !

C’est pas vrai !

Sale fureur, le plus grand des fureurs !

Maman, ils disent que je fure !

Mais non mon chéri, tu ne fures pas.

Sniff.

 

 

NOVEMBRE.

En novembre 2010, Malgré un programme exténuant, Jean-Michel Rampelberg maintiendra son activité traditionnelle de marchand de chevaux, l’accent étant mis cette année sur la production de chevaux ailés, de plus en plus prisés dans notre combat pour la sauvegarde de l’environnement de par leur capacité à remplacer l’aviation sur les distances courtes et moyennes, et cela avec des équipements minimaux.

La filière chevaux de bois sera également développée dans le même esprit, de par le coût zéro de cette espèce en production de nourriture.

Malgré l’obstacle des préventions culturo-religieuses, Jean-Michel Rampelberg ne désespère pas, à travers sa fondation « de la sciure pour la planète », de convaincre les populations souffrant de la faim d’aller se nourrir avec les chevaux de bois, ce qui serait une base d’urgence pour leur nutrition en attendant qu’elles reçoivent les coquilles Saint Jacques et les bouchées Suchard promises à Copenhague. Mais en restera-t-il suffisamment après les fêtes ?

Enfin, Jean-Michel Rampelberg rappelle que la production des aventures de « l’Héritier Anglais »et de son cheval Margaret se poursuit dans le plus grand silence. Il rappelle qu’il est toujours à la recherche de l’illustrateur complice qui ferait de ces aventures un succès universel.

.

 

DECEMBRE.

En décembre 2010, Jean-Michel Rampelberg ne divorcera pas. Voilà enfin une chose à faire de moins.

Pas de divorce donc car il n’est plus marié ayant déjà divorcé.

Et c’est avec regret car le temps du divorce est encore un prolongement de vie passionnée pour celui des deux qui aime encore un peu (il est rare que les 2 s’aiment encore, mais ça s’est vu !). Tout ce qui fait un peu vibrer est bon à prendre, même  douloureux.

Et comme c’est assez long, le futur divorcé est préparé au « plouf » , au « c’est fini »,  quand survient le prononcé.

 

Aussi bien je vous déconseille le pacsage, qui non content de vous priver des cadeaux, des klaxons et des pièces montées le jour de la conclusion, vous laisse comme deux ronds de flan le jour soudain de la séparation.

Et deux ronds de flan, c’est maussade.

Et vous avez encore tout à faire.

 

Ces conseils donnés, il va de soi que je suis opposé au mariage et même favorable à son interdiction absolu et à la punition sévère des contrevenants, ce dernier point juste pour emmerder le monde, rien qu’à le dire.

Qu’on ne vienne pas me dire que je ne suis pas cohérent. Je cohére parfaitement et si vous ne percevez pas, il va vous  falloir élargir votre esprit à coups de burin. (le cas échéant, je fournis gracieusement un burin pour l’achat de deux chevaux ailés).

Et si je vous dis que j’aime immensément en tout temps, vous aurez presque compris.

 

Jean-Michel Rampelberg vous souhaite de bons douze mois.

 

 

 

 

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G
Les eaux de l'étang de Thau sont particulièrement agréables a fouler surtout au mois de janvier.
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