APARTHEID
Ce mot nous vient de l’Afrique du Sud, justement du temps de l’Apartheid. Ce système de discrimination ethnique y a été régi par des lois, constitutionnalisé. Il distinguait trois groupes humains ayant des droits et des devoirs très inégaux : Les noirs, les blancs, et aussi un groupe mêlant les métis et les Indiens. On en connait les conséquences pratiques, les luttes pour y mettre fin et l’abolition de ce système qui allait jusqu’à considérer comme immorales et punissables les relations sexuelles entre individus de « race » différente, spécialement s’agissant de relations d’un noir avec une blanche. Rien de nouveau sous le soleil, sous les nazis un Allemand pouvait (à condition de ne pas se marier) avoir des relations sexuelles avec une aryenne non allemande et même avec une juive, et évidemment pas l’inverse. Une relation avec une juive pouvait produire un enfant qualifié de juif et donc à exterminer. Un enfant avec une aryenne non allemande produisait un bon produit puisqu’à moitié allemand. C’était donc positif.
En revanche, en Afrique du sud, il n’y avait rien de positif dans le fait de créer un « demi-nègre ». Toutefois, les blancs espéraient bien s’appuyer sur ce groupe des métis et indiens comme une force tampon, permettant d’assoir la domination blanche sur les noirs, cela bien sûr en leur accordant des droits et avantages interdits aux noirs.
Ces derniers temps le mot « apartheid » a repris de l’actualité en étant repris par des personnalités de gauche pour caractériser le traitement des palestiniens des territoires occupés par l’Etat d’Israël.
On peut déjà remarquer que si apartheid il y a, il n’est en aucun cas inscrit dans une quelconque loi d’Israël. Ce serait donc un apartheid de fait qu’on n’aurait pas le droit de nommer.
On a déjà assisté à d’autres interdits concernant Israël et la Palestine. Le premier a concerné la création d’Israël : Sa simple critique, sa simple objection, était illégitime : Comment pouvait-on refuser un pays à tous ces pauvres gens rescapés de la Shoa ? Le simple fait d’évoquer tous les problèmes que cela allait poser démontrait bien qu’on était un abominable salaud néo-nazi.
Puis ce fut le tour du mot antisioniste. Car le mot sioniste n’est pas mort avec la création d’Israël comme on aurait pu le croire, une fois l’objectif principal atteint. C’était sans compter sur l’appétit expansionniste de certains sionistes. Être sioniste était devenu défendre la politique d’Israël, être antisioniste, c’est donc être un ennemi d’Israël, et par assimilation ennemi des Israéliens et donc antisémite de manière globale.
Le sionisme justifie la politique des gouvernants israéliens : Annexions de territoires, colonisation de la Cisjordanie, son quadrillage policier et militaire, exploitation des eaux du Jourdain au principal profit d’Israël, division des Palestiniens en organisant la sécession des islamistes à Gaza, construction d’un mur, corruption des dirigeants palestiniens…
Et pourquoi ? Parce qu’il faut bien défendre le petit peuple israélien si faible menacé par les méchants et puissants arabes assoiffés de sang juif, et le sionisme n’a qu’un objectif le protéger. Être antisioniste, c’est vouloir la victoire des Palestiniens (Personne n’y croit, pas même à la création d’un état palestinien), en conséquence, les antisionistes sont des antisémites déclarés, et donc le mot est interdit.
Pourtant on connait les projets des sionistes : Annexer toute la Palestine, en expulser ou faire fuir les millions de palestiniens qui y vivent, et coloniser ces terres avec des juifs venus du monde entier. Magnifique et généreux projet. Toutefois, à la place des sionistes, je ne serais pas si optimiste : Les anciens palestiniens qui vivaient sur l’actuel territoire se sont enfuis facilement parce qu’ils espéraient bien revenir (d’Autres ont accepté des indemnités). Pas sûr, connaissant le sort miséreux de nombre d’exilés, que les Palestiniens de Cisjordanie tombent dans le même Piège.
La plus grande probabilité historique, c’est qu’Israël annexe toute la Palestine. Et à ce moment-là, les sionistes auront beau résister, il faudra bien accorder la nationalité israélienne aux palestiniens, quel que soit le nom de ce pays réuni.
En attendant, il y a séparation, et même un mur. Un état d’Apartheid de fait. Pas institutionnel, pas une volonté idéologique d’apartheid éternel. Mais un apartheid réel car existant maintenant depuis longtemps sans perspective même floue de cessation. Et donc bien sûr, et selon la logique absurde des hommes et des autruches, il convient de ne pas prononcer ce vilain mot.