ANTISIONISME
C’est une bien belle escroquerie quasi réussie que celle consistant à faire croire qu’antisioniste est égal à antisémitisme.
C’est tellement réussi que maintenant on commence à entendre que soutenir la création d’un état palestinien, c’est aussi une manifestation d’antisémitisme. On n’arrête pas le progrès dans la mauvaise foi.
Un conseil tout de même si par hasard vous aviez l’appétence pour une pensée correcte, et que vous en supposiez la correspondance chez la personne avec laquelle vous vous proposez d’établir un échange :
Convenez d’une définition commune, n’importe laquelle, des mots sionisme et antisionisme. Pour ma part, j’en propose au moins deux :
-Le sionisme, c’est soutenir l’existence d’un Etat national juif dans lequel les juifs du monde entier peuvent venir s’y établir. Dans ce cas de figure, je suis sioniste. Je ne l’ai pas toujours été, j’ai longtemps cru à l’utopie d’un état laïc comprenant des citoyens de religion et langue différentes, égaux en droits. Mais je n’y crois plus depuis que j’ai compris que l’espèce humaine est un ramassis de mauvaises gens, et qu’à défaut de l’éliminer, il faut donc faire avec cette mauvaiseté.
- Autre définition : Le sionisme est l’idéologie de l’extrême droite israélienne et d’une grande partie de la droite, avec deux variantes : l’extrême droite veut l’éradication de toute présence arabe sur le territoire de Palestine et l’extension de l’état d’Israël sur toute cette terre. Le projet est donc un Israël du fleuve jusqu’à la mer, même projet que le Hamas en inversant les peuples.
La droite, elle, se contente de refuser la création d’un état palestinien, et veut en quelque sorte perpétuer la situation actuelle tout en favorisant la colonisation des terres encore palestiniennes. C’est aboutir, à terme, à l’instauration d’une sorte d’apartheid informel qui pourrait se mettre en place doucement. On a du mal à l’imaginer cependant. Mais alors que proposent-ils ?
Evidemment, ce sionisme là est haïssable, et dans ce cas, je suis antisioniste. Ceci dit très prudemment et modestement car, à part demander que le conflit actuel tue le moins de gens possibles, on ne voit guère quelle solution viable peut être proposée avec une chance d’être seulement examinée.