AMARYLLIS
Non monsieur, ce n’est hélas pas le délicat anus de Sapho ou de toute autre poétesse ou déesse grecque, c’est seulement une amaryllis blanche.
Derrière tout, un miroir qui fut longtemps sur la cheminée de la salle à manger de mes parents.
Dedans le pot, une amaryllis blanche dont on ne voit que 2 fleurs mais qui depuis en a produit 4. Cela part d’un bulbe sec et pousse en dix jours. Bien inutile d’aller se promener dans la forêt amazonienne pour observer ce phénomène hallucinant, comme en accéléré.
Derrière le pot, une photo, prise par un ami, représentant un tourbillon de danse dans un bistrot populaire un soir d’hiver. (Au vu des autres photos montrant de la neige en extérieur).
A gauche un réveil matin ordinaire, instrument de torture ancien, sans emploi présent, reposant sur une pierre plate, peinte par un neveu, aux motifs géométriques faisant penser aux néanderthaliens dont les créations picturales sont étrangement abstraites, contrairement à celles des homos sapiens.
A droite, mon bonhomme, dans un alliage indéfini, que j’ai d’abord toujours vu sur une commode chez mes parents, que j’ai emporté avec moi en les quittant, et qui m’a servi de marteau quelques années. De telle sorte qu’un jour sa tête s’est détachée. Depuis, j’ai recollé son chef et il veille sur moi jalousement. Et j’ai plein de marteaux.
A sa gauche, un portrait en cadre ovale de ma mère le jour de son mariage. Valentine, une bien belle femme allez.
Et sous le pot de fleur, un napperon brodé par moi quand j’étais petit enfant, quand je préférais la couture et la compagnie des petites filles au plaisir de taper dans un ballon. Je n’ai guère changé. Enfin, pour la couture si, ça me gonfle de coudre des ourlets à mes jeans et ça se voit.
Les objets ne sont pas gratuits, on le constate.
Et en préparation deux magnifiques amaryllis rouges, je vais amaryller jusqu’à m’en lasser.